Notre pays a traversé, le mois de juillet dernier, l’une des pires crises humanitaires de ces dernières années. Selon le rapport du FNUAP sur la période, la situation s’est aggravée et l’instabilité sécuritaire dans les régions de Tombouctou, Gao, Mopti et Ménaka a réduit à moins d’un quart le nombre d’établissements de santé fonctionnels.
En dépit des efforts consentis, la situation sécuritaire, contrairement à l’année précédente, n’est pas reluisante. De nombreuses localités continuent d’en souffrir.
Le rapport de la situation du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) atteste une dégradation de la sécurité, illustrant que les attaques armées, les blocus et les déplacements massifs « dont 58 % concernent des femmes et des filles parmi 402 000 personnes déplacées compromettent l’accès aux soins de santé essentiels ».
Dans ce contexte, les services de santé sexuelle et reproductive (SSR) et de lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) deviennent quasi inaccessibles, exposant les femmes et les adolescentes à des risques accrus de complications obstétricales, violences sexuelles, mariages forcés et exploitation.
« La hausse des prix des denrées alimentaires et l’instabilité politique aggravent les vulnérabilités », ajoute le document, relevant que malgré ces conditions difficiles, l’UNFPA (FNUAP) et ses partenaires ont maintenu leurs interventions.
Selon le rapport, en juillet, 88 sages-femmes ont été déployées dans des structures isolées, permettant plus de 1 200 accouchements assistés, 2 200 consultations prénatales et 3 500 nouveaux cas de planification familiale. Des équipes mobiles ont poursuivi les consultations curatives dans les camps de déplacés.
En matière de lutte contre les violences basées sur le genre, « des espaces sécurisés ont accueilli près de 500 participants, 600 kits de dignité et d’hygiène menstruelle ont été distribués, et six centres à guichet unique ont continué de dispenser des soins holistiques aux survivantes », indique FNUAP.
Par ailleurs, l’organisation rapporte avoir « formé des acteurs communautaires à la prévention des VBG et sensibilisé plus de 3 000 adolescents et jeunes à la SSR et aux VBG ».
Ces acquis demeurent cependant gravement menacés à cause du faible financement des initiatives humanitaires.
À cet effet, l’UNFPA, qui a estimé ses besoins humanitaires pour 2025 à 16,5 millions de dollars, n’a pu mobiliser que 3,4 millions à mi-parcours, soit un déficit de plus de 80 %.
Cette insuffisance financière a déjà des conséquences dramatiques, indique le document, soulignant que celle-ci a déjà entraîné « la fermeture de centres spécialisés et réduit les approvisionnements, mettant en péril les services vitaux de santé sexuelle et reproductive et de lutte contre les violences basées sur le genre. »
En l’absence d’un soutien financier urgent, des milliers de femmes et de filles risquent de se retrouver privées de soins vitaux et de protection essentielle. L’UNFPA prévient qu’un tel scénario pourrait accroître la mortalité maternelle, la propagation des mariages forcés et l’impunité face aux violences sexuelles.
« Sans le soutien urgent des donateurs, des milliers de femmes et de filles se retrouveront privées de soins et de protection essentiels », alerte l’organisation onusienne.
PAR SIKOU BAH