Les rideaux sont tombés, samedi dernier, sur les activités de la semaine nationale de la justice. Présidant la cérémonie de clôture de cette dernière édition, le Garde des sceaux, Mamoudou KASSOGUÉ, a annoncé, dans les perspectives, que notre pays s’apprête à expérimenter le port du bracelet électronique pour certains types de détenus en 2026. Une initiative majeure qui s’annonce comme une alternative crédible à la surpopulation carcérale au Mali.
La surpopulation carcérale au Mali est un défi majeur du système pénitentiaire au Mali, marqué par des infrastructures vétustes, un recours excessif à la détention préventive et des budgets limités.
Cette problématique a été, ces dernières années, au cœur des tensions entre nos autorités et la communauté internationale autour des questions de droits de l’homme, notamment en milieu carcéral.
C’est dans ce contexte que le Mali s’apprête à expérimenter le bracelet électronique, qui a été l’une des annonces phares de la 4ᵉ édition de la semaine de la justice qui vient de prendre fin samedi dernier.
L’introduction du bracelet électronique, notamment via la réforme du Code pénal et de procédure pénale en 2024, est une mesure alternative à l’emprisonnement visant à désengorger les prisons et à favoriser la réinsertion.
Il s’applique pour des peines inférieures à deux ans ou en aménagement de peine, permettant une détention à domicile sous surveillance électronique (DDSE).
Alors que la communauté internationale dénonce un recours excessif à la détention préventive à l’origine de cette situation, les autorités maliennes, quant à elles, concluent à une instrumentalisation de la question des droits de l’homme par cette communauté internationale au Mali.
Lors de la cérémonie de clôture de la semaine de la justice, le ministre KASSOGUE est revenu sur certains épisodes des tensions qui caractérisent les relations entre le Mali et les organisations de défense des droits de l’homme, affirmant que notre pays est en train de faire un travail remarquable pour la protection et la promotion des droits de l’homme.
Ainsi, il ressort de son propos que l’action combinée de la Direction nationale des droits de l’homme, du programme national intégré de lutte contre la traite des personnes et les pratiques assimilées, du comité du même nom de la Direction générale de l’administration pénitentiaire et de la conseillère technique a permis à notre pays de briller sur le plan des droits de l’homme dans le cadre de la protection, de la promotion et de la prévention.
« Nous avons poursuivi le transfert des détenus de la maison centrale d’arrêt de Bamako principalement pour éviter la pléthore vers d’autres établissements tels Kéniéroba Koulikoro, Dioila, Kati et beaucoup d’autres structures à l’intérieur », a-t-il déclaré.
Dans la foulée, il a annoncé que notre pays s’apprête à expérimenter le bracelet électronique pour désengorger les prisons.
Dans la même veine, il a annoncé l’opérationnalisation des cours d’appel de Ségou, Sikasso et Gao avec le renforcement récent des ressources humaines ; l’effectivité du juge de l’application des peines pour mettre fin au dépassement des délais de détention et autres abus, sans oublier la mise en œuvre progressive du collège des juges des libertés et de la détention.
Par Abdoulaye OUATTARA