Le fonds de soutien aux projets d’infrastructures de base et de développement social, dite taxe contributive de solidarité instituée par le gouvernement, continue à faire polémique. Au-delà du Momentum très discutable de la mesure (à un mois du Ramadan), la redondance des arguments ne semble pas faire bonne mélodie dans les oreilles du Malien lambda. La campagne, à l’emporte-pièce, concoctée par le gouvernement pour faire le pompier, ne semble pas aussi avoir prospéré. En effet, au moment où le peuple compte sur une oreille attentive, les fantassins du gouvernement lui rabâchent les oreilles des dysphonies, voire des contradictions qui n’ont pas lieu d’être dans une équipe où chacun se doit de se considérer comme un soldat. Au moment où les Maliens veulent compter sur leur gouvernement, ce dernier (à la décharge du Pm et du ministre Sanou) fuit ses responsabilités pour aller se cacher derrière Assimi Goïta.
À quel saint se vouer ? Les Maliens n’en savent pas. Solidarité pour quoi ? Envers qui ? L’incompréhension est totale. Le gouvernement s’embourbe et s’enfonce. Le Ramadan s’approche…

Une taxe incomprise
De quoi s’agit-il ? Selon l’ordonnance N°2025-008/PT-RM du 07 février 2025 Portant création du Fonds de soutien aux projets d’infrastructures de base et de développement social, il s’agit d’apporter une contribution financière en cas de nécessité et d’urgence, aux actions socio-économiques initiées par le Gouvernement dans divers secteurs notamment le secteur énergétique’’. Mais pas que. Contrairement à certaines insinuations ministérielles, ‘‘les ressources du fonds de Soutien peuvent être affectées à tout autre domaine en cas de nécessité et en cas d’urgence’’ et aucun article de l’ordonnance instituant ‘‘la taxe’’ contributive n’indique les ressources collectées pour le Fonds de Soutien aux Projets d’infrastructures de Base et de Développement social seront domiciliées à Koulouba, auprès d’un certain Diawara.

Qui doit payer ?
Les Maliens devraient-ils être les seuls à payer l’ardoise pour que l’EDM marche alors que c’est l’Etat le premier débiteur de la société et que ce sont le cumul de ses impayés et son manque de volonté politique qui ont mis Energie du Mali à genoux ? La loi s’imposant à tous et l’ordonnance ayant valeur de loi, ce sont les Maliens seuls qui doivent alimenter le soutien aux projets d’infrastructures de base et de développement social. Car ce sont les prélèvements sur eux qui l’alimentent à travers la consommation des services commerciaux, des communications téléphoniques fixe et mobile, sur les rechargements de crédits de téléphone (10%) et sur les abonnements et les opérations de retrait dans le cadre des transferts d’argent via mobile money (1%).

Mauvais timing
On élabore un plan dit Ramadan dont l’objectif est de soulager les populations en leur offrant le courant 19 heures /24 afin de leur permettre de s’acquitter de leurs obligations religieuses ; concomitamment le gouvernement fait fi des sacrifices qu’elles ont déjà consentis et des réelles difficultés auxquelles font face pour les imposer de nouvelles taxes dans le but d’avoir du courant.
Il est clair que le gouvernement n’a pas été très précautionneux quant à la période de prise de cette décision ainsi qu’à sa mise en œuvre. C’est pourquoi, on est plus enclin à créditer l’information selon laquelle la date d’entrée en vigueur des nouvelles taxes qui était fixée au mercredi 19 février 2025 avait été reportée sine die et remise à une date ultérieure.

Le repli stratégique
Le gouvernement, ayant fait un repli stratégique sur le sujet au regard des incompréhensions et des campagnes hostiles, a décidé d’informer plus le public sur les nouvelles taxations avant leur mise en œuvre. D’où la campagne de communication brouillonne et mal ficelée qu’on observe au haut sommet de l’Etat (membres du CNT et ministres) afin, dit-on, de sensibiliser la population avant toute application. Sauf qu’il y a sur la question plus de désinformation qu’une information émanant de si hauts responsables de l’Etat qui pensent que la seule évocation du nom de Assimi Goita est un passe-droit ou une potion magique que les Maliens ingurgiteront sans poser de question. Rappelons-nous de l’histoire pour éviter à notre pays d’autres histoires.
Les Maliens qui ont vu de toutes les couleurs sous cette transition et qui n’ont jamais faibli dans leur soutien aux autorités pour la conduite de la refondation, et qui ne savent pas à quel saint se vouer avec la flambée des prix à l’approche du Ramadan ne demandent qu’un peu plus de compréhension, d’écoute et d’ampathie. Il ne s’agit pas de chercher à convaincre le Malien par des acrobaties communicationnelles, si ce n’est des radotages. Il s’agit d’être à l’écoute du peuple afin de comprendre et de prendre en charge ses préoccupations. Il ne s’agit simplement qu’une question de respect du peuple et des hautes orientations du présent de la transition qui a toujours mis le peuple au cœur de toutes les actions de la transition. Si le gouvernement était à l’écoute de ce peuple, il n’allait pas tenter de le traire comme une vache pour pourvoir un fonds de solidarité.

Bavardage ministériel
C’est pourquoi beaucoup de soutiens de la transition s’inquiètent du virage impopulaire avec en prime des décisions, de plus en plus, impopulaires sans aucun égard pour les Maliens qui l’a soutenu envers et contre tout. Quelle que soit l’équation, les Maliens sont toujours bien disposés à soutenir cette transition si on leur explique clairement les choses au lieu de se livrer à des contorsions communicationnelles qui pourraient discréditer le gouvernement. Par exemple, le ministre de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou a parlé deux fois et pendant la conférence qu’il a coanimée avec le Premier ministre, en aucun moment lui ou le Premier ministre n’ont dit que les fonds récoltés à travers cette taxe seront logés à Koulouba. Mais de but en blanc, voilà que des ministres non porteurs du dossier affirment que le fonds sera geré par Assimi Goita. Dans quel pays du monde on a vu un président gestionnaire de fonds de solidarité ? Le trésor public malien est-il fermé ? Ou bien ces ministres prennent-ils les Maliens comme des cancres auxquels on peut tout faire avaler ? A force d’écouter les videomans qui ont promis ciel et terre aux Maliens, croient-ils être en mission pour vendre des légèretés aux populations qui savent déceler le vrai de l’ivraie ? An ka niogon boya sa !

Incompréhension totale
Les Maliens ne demandent pas que le gouvernement de leur ressasse à satiété, et en 2025 encore, les 101 milliards de FCFA d’économie engrangée dès 2021 sur la réduction du train de vie de l’Etat, lors de son passage dans l’émission Mali kura taasira. Les Maliens disent que chacun doit consentir à faire des sacrifices. Les populations en ont fait depuis l’embargo, que les autorités consentent aussi à en faire davantage. Le patriotisme ne peut et ne doit être à quadrature malléable ; chacun doit être debout sur les remparts, à tout moment, comme le petit peuple auquel on demande sans rémission de consentir des sacrifices ; d’être solidaire. Même si la question est solidaire envers qui ?
Le gouvernement demande aux populations d’être solidaire, mais lui ne veut pas être solidaire. Kuma file ni ye de.
Il n’est ni du rôle du citoyen de légiférer ni de son devoir de s’opposer aux lois de la République. Autant que la défense de la patrie est un devoir, le respect de la légalité républicaine s’impose à tous les citoyens. Aussi, les Maliens ne disent pas non aux nouvelles taxes. Ils disent ‘‘Haté’’, la contribution à l’effort national et la solidarité sont ancrés dans nos us et nos traditions, nous y consentons fort bien et de bonne grâce. Mais qu’en haut, on commence pour mettre en œuvre l’exemplarité tant prônée et le sacrifice tant demandé pour la patrie… par exemple, si le gouvernement et le CNT consentaient, eux aussi, pour la bonne cause, à diminuer leurs avantages. Mais ils ne sauraient continuer à narguer le peuple en disant comme Nouhoum Sarr, Doromè kelen te bo a la, et demander aux Maliens d’être patriotes, solidaires et résilients.

Quel plan B ?
Depuis le début de la semaine, le Ministre de l’Energie, Boubacar Diané qui n’a cessé de rappeler intempestivement, comme ce vendredi 21 février 2025, quand il recevait les techniciens de EDM-SA, responsables de structures névralgiques en charge de la répartition et de la distribution de l’électricité, ‘‘les sacrifices consentis par les Maliens qui ont accepté de s’acquitter des redevances sur les consommations téléphoniques et les transferts d’argent. (Ajoutant que) cet effort national constitue un défi à relever pour assurer en contrepartie une fourniture adéquate de l’électricité à la population’’.
Il y a dans le propos ministériel deux préoccupations à soulever. Sauf ignorance de notre part, le ministre de l’énergie et de l’eau Boubacar Diané, ne peut produire aucune statistique ni faire référence à aucune assise nationale ou référendum pour dire que les Maliens ‘‘ont accepté de s’acquitter des redevances sur les consommations téléphoniques et les transferts d’argent’’.
Par ailleurs, étant membre du gouvernement, les Maliens se demandent comment ce ministre continue de faire croire que son Plan Ramadan va être financé avec les taxes, sachant bien que la date d’entrée en vigueur de celles-ci a été reportée. Parce que les Maliens qui ne sont ni des benêts ni des balourds savent que tout ce que EDM et ses cadres compétents demandent pour la bonne réussite du Plan Ramadan, c’est ‘‘l’approvisionnement et la fourniture correcte en hydrocarbures’’. Car les groupes ne peuvent pas fonctionner sans carburant. Or, pas d’argent, pas de carburant et pas de courant. Et ce ne serait pas la faute de l’EDM. Y a-t-il un plan B ?

Que du populisme
Le ministre de l’Énergie et de l’eau n’est pas le seul à se livrer à une campagne de sensibilisation pour ‘‘transmettre à la fois le message du président de la transition, mais aussi rappeler les attentes fortes de la population relativement à la mise en œuvre du Plan Ramadan’’. Le binôme de ministre de l’Économie et des finances, Moussa Alassane Diallo, s’est essayé à un exercice qui ne lui a pas beaucoup réussi. Avec les opérateurs économiques, il s’est littéralement égaré dans ses éléments de langage. Car, entre aucun pays n’aide aujourd’hui le Mali (aide budgétaire) et le Mali n’ayant pas besoin d’aucune aide étrangère pour se dévelop¬per, il y a un fossé comme jegé jalan ni baji. Comme dans un syllogisme, si les prémisses sont faussées, la logique ne tient plus.

Non au populisme, le Mali a toujours besoin de partenaires sincères et loyaux dans leur coopération et qui respectent les 3 principes constitutionnels comme la Russie, la Chine, la Turquie…. Alors oui, autant il va falloir mobiliser les ressources internes, autant le Mali souverain qui n’a aucun complexe, compte aussi sur ses partenaires pour l’aider à se reconstruire et à assurer un avenir radieux à ses populations. Ce ne sont pas sûrementt avec ces montants que le Mali va se développer, mais ces ponctions dans la poche du contribuable ne sont pas rien pour le Malien qui trime pour avoir de quoi payer un crédit ou un forfait.
Que le président Assimi, les garde, est un cinglant désaveu de défiance envers les membres du gouvernement auxquels les Maliens n’accorderaient pas de confiance et suffisamment d’intégrité pour garder l’argent collecté sur eux. Autrement, les Maliens ne font confiance qu’au seul Assimi parmi toutes les autorités de la transition. Et ça, ça donne à réfléchir.

PAR LA REDACTION

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