Dans une courte vidéo de 5 minutes, publiée le jeudi 21 août 2025, sur les réseaux sociaux, Youssouf TOLOBA, chef d’état-major de la milice dogon Dana Ambassagou, a tiré la sonnette d’alarme sur la détérioration de la situation sécuritaire dans le centre du pays. Interpellant directement les autorités de la transition, il appelle à l’union des forces face aux menaces grandissantes.

« On est contre tous ceux qui sont opposés à notre pays. On ne va jamais accepter les ennemis de notre pays. Notre position n’a pas varié », a déclaré Youssouf TOLOBA, réaffirmant l’engagement de son mouvement contre les groupes armés terroristes qui imposent des diktats à la population civile.
Il ressort de son propos que plusieurs localités sont déjà étouffées par ces groupes terroristes, les poussant à accepter leur deal.
Alors que la multiplication des attaques en 2025, comparativement à l’année précédente, sont en hausse, selon plusieurs rapports, le chef de la milice Dogon se dit inquiet : « Ce qui se passe sur le terrain nous inquiète. On n’a pas peur de nous battre, de mener le combat. Mais, on est inquiet de la trahison qui entoure certaines opérations sur le terrain. »
Face à cette situation, Youssouf TOLOBA a appelé à la création d’un front commun entre les Forces armées maliennes (FAMa) et sa milice pour gagner la lutte contre les terroristes. En effet, la collaboration entre les FAMa et Dana Ambassagou était devenue difficile, malgré qu’elles soient toutes engagées contre les mêmes groupes armés.
« Je demande aux forces armées maliennes de former un front avec Dana Ambassagou pour sortir de cette situation. Notre division ne présage pas d’avenir rassurant », a-t-il déclaré, avant d’insister sur la mobilisation des responsables communautaire pour la paix et la réconciliation entre les populations.
« J’appelle les dignitaires traditionnels, les leaders religieux d’appeler la population à la paix », a-t-il exhorté, alors que le Conseil national de la transition (CNT) a adopté la Charte nationale pour la paix et la réconciliation nationale, après la dénonciation de l’Accord d’Alger. Ce document doit désormais être la boussole de tout processus de paix et de réconciliation nationale.
Mais au-delà de cet appel, il a aussi tenu à mettre les autorités de Bamako devant leurs responsabilités.
« Nous demandons aux autorités d’être à l’écoute de nos alertes, elles reflètent la réalité sur le terrain. Les autorités doivent nous écouter. On ne peut pas se taire si la situation se dégrade », a insisté TOLOBA.
Par ailleurs, il a prévenu les autorités de la transition, des attaques des groupes terroristes qui ciblaient Bandiagara et Douentza.
Ce discours pourrait trouver un écho auprès de populations rurales qui se sentent souvent abandonnées face à l’insécurité.
L’intervention de Youssouf TOLOBA soulève plusieurs enjeux pour les autorités de Bamako. D’une part, elle traduit la persistance d’une insécurité que les efforts militaires n’ont pas encore réussi à juguler.
D’autre part, elle met en évidence la question sensible des relations entre l’État et les milices d’autodéfense, souvent accusées d’exactions, mais perçues dans certaines localités comme un rempart contre les attaques terroristes.

PAR SIKOU BAH

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