ne énième violation des principes des Nations unies par la MINUSMA déployée dans notre pays dont le retrait est en cours, après dix ans de présence, avec des résultats controversés. Comme à Aguelhok, dans la ville sanctuaire de la rébellion, il n’y pas eu de rétrocession. L’emprise de la MINUSMA de Kidal a tout simplement été abandonnée au profit des membres du Cadre stratégique permanent (CSP).

Initialement prévu en novembre, le dernier convoi de la MINUSMA a quitté la ville de Kidal ce mardi 31 octobre et se dirige vers la ville de Gao. Une accélération justifiée par la dégradation de la situation sécuritaire dans le pays à cause des velléités séparatistes des membres du CSP.
Si la 1ère phase de ce retrait a été concluante, de l’avis de nombreux observateurs, celle de la seconde phase, en cours, a fait couler beaucoup d’encres et de salives, à tel point que de nombreux observateurs n’hésite plus à dénoncer la duplicité, le laxisme de la MINUSMA dans la rétrocession des emprises et camps.
A Aguelhok et à Kidal, la Mission onusienne n’a pas joué franc en abandonnant les camps de ces localités aux mains des séparatistes et leurs alliés terroristes.
Une attitude déplorable qui a poussé le ministre des Affaires étrangères de notre pays, Abdoulaye DIOP, à réagir lors de sa réunion d’information avec le corps diplomatique tenue le vendredi 13 octobre à Koulouba.
« Je souligne avec regret le manquement grave et le déficit de coordination qui ont caractérisé la récente situation à Kidal, ayant favorisé l’occupation du camp1 de cette ville par des groupes armés et faisant perdre à l’État malien plusieurs équipements militaires, y compris des véhicules », avait protesté le ministre DIOP.
Malgré les dénonciations, la MINUSMA a encore récidivé ce mardi à Kidal. Ce jour, en quittant cette ville, fief des séparatistes, la Mission, contrairement aux principes des Nations unies, n’a pas procédé à la rétrocession de son emprise de ladite localité aux autorités maliennes.
En pliant ses bagages de Kidal, la MINUSMA a laissé le camp aux groupes armés. Or, il a été dit et réitéré que « les emprises de la MINUSMA ne peuvent être rétrocédées qu’aux autorités maliennes».
Et les autorités de la transition n’ont sans cesse rappelé le respect de ce principe en vue de permettre aux forces armées maliennes d’occuper « toutes les emprises de la MINUSMA en particulier les camps. Ceci est conforme à notre rôle régalien et est conforme aux textes de l’ONU ».
Ce principe, pour autant, sans équivoque a été malmené plusieurs fois par les responsables de la MINUSMA agissant au gré de leur conviction en transgressant de manière répétée les directives établies, contribuant ainsi indirectement à l’instabilité dans la région. Car, cette violation des textes met en péril davantage le processus en cours et la sécurité de la région de Kidal.
Ce jour, en refusant d’obéir et de se conformer aux textes, la Mission a abandonné le camp 2 de Kidal au triste sort de la CMA suscitant de vives inquiétudes quant à la sincérité de l’approche de la MINUSMA surtout de la part de l’Etat qui dit regretter ce retrait sans procéder à la rétrocession.
Alors, quoi bon d’établir des règles que l’on n’est pas en mesure de respecter ?
La Mission, en annonçant la fin de sa présence dans la région de Kidal dans un communiqué, n’évoque nulle part la question de la rétrocession du camp 2 de cette ville au cœur de toutes les attentions, donnant l’impression que les principes sont faits pour les autres.

PAR SIKOU BAH

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