Le décret de nomination des membres de la Commission de finalisation du Projet de Constitution pris par le Président de la transition, le colonel Assimi GOITA, la semaine dernière, semble diviser profondément les partis et regroupements de partis politiques. C’est le cas du Cadre des partis et regroupements politiques pour le retour à l’ordre constitutionnel où la désignation de Amada AYA, de la CODEM, semble visiblement poser un sérieux problème au sein de ce regroupement, ou du moins pour son parti. Dans un communiqué rendu public ce lundi 30 janvier 2023, la CODEM a annoncé la suspension de sa participation au sein du Cadre. Dans cette atmosphère de division, on apprend, au même moment, que le Cadre prévoit un meeting ce week-end pour, dit-il, se prononcer sur la gestion de la transition. Quelles sont les chances de réussite d’une telle mobilisation si ses initiateurs ne parlent plus le même langage ?
La nomination des membres de la Commission chargée de finaliser la nouvelle constitution continue de susciter des réactions au sein de l’opinion. Cette nouvelle commission a pour mission d’examiner et d’amender, si nécessaire, l’avant-projet de Constitution.
Mais la présence d’Amadou AYA, secrétaire général adjoint de la CODEM, au sein de ladite commission, crée une vive tension.
Son regroupement qui était, jusque-là, opposé à l’initiative du Président de la transition sur l’élaboration d’une nouvelle a été surpris d’apprendre la désignation de deux de ses membres au sein de ladite commission, à savoir l’ancien ministre Amadou KOITA de PS Yelen Kura et Amada AYA, de la CODEM.
Depuis la publication de la liste des membres de la commission, comprenant ces deux membres, le Cadre des partis et regroupements politiques pour un retour à l’ordre constitutionnel est dans la tourmente et ses barons ne parlent plus le même langage.
Dans un communiqué en date du 28 janvier 2023, signé de son président, Housseini Amion GUINDO, la CODEM, l’un des partis phares du Cadre des partis et regroupements politiques pour un retour à l’ordre constitutionnel, a fustigé la nomination de l’un de ses cadres au sein de cette commission.
Par la suite, le regroupement Djiguiya Kura, dirigé par Poulo, a annoncé la suspension de sa participation aux activités du Cadre.
C’est dans ce contexte que l’on apprend que le Cadre projette un meeting le 4 février prochain à l’obélisque communément appelé ‘’Bougiba’’ à l’ACI2000.
Une mobilisation qui a toutes les chances d’être un fiasco au regard de deux facteurs limitants.
De notre avis, le facteur qui risque de jouer contre le Cadre, c’est le contexte politique caractérisé par un soutien populaire aux initiatives de la transition.
Dans ce contexte, il sera très difficile pour le Cadre de mobiliser si l’objet est de critiquer la transition, avec la montée en puissance des FAMa et l’offensive diplomatique du ministre DIOP.
Le deuxième facteur défavorable pour le Cadre, c’est le manque de sérénité et de cohésion dans ses rangs. Comme un signe des temps, il y a tout une cacophonie autour de cet appel à manifester.
Chez certains de nos confrères, un cadre de ce regroupement affirme que la manifestation sera organisée par le mouvement des jeunes et des femmes.
Toutefois, la lettre adressée au gouverneur du District porte le cachet du regroupement le ‘’Cadre sollicite une autorisation pour l’organisation d’un meeting d’information’’.
Sur la page Facebook officielle du Cadre, s’il s’agit d’une manifestation pour soutenir l’armée, faire des propositions de solutions à la vie chère. Il s’agit également de proposer un chronogramme électoral réaliste, demander l’inclusivité du processus électoral ; et aussi la révision consensuelle de la Constitution.
Sur ce dernier point, le Cadre semble souffler le chaud et le froid. En effet, au moment où ses responsables parlent de révision consensuelle, les représentants du Cadre siège au sein de la commission de finalisation du Projet de Constitution.
Par Abdoulaye OUATTARA