Dans un basculement stratégique sans précédent, notre pays est aujourd’hui le théâtre d’une confrontation asymétrique où la géographie est devenue l’arme suprême. Alors que la nébuleuse terroriste du JNIM tente désespérément d’asphyxier Bamako par un blocus routier, les Forces Armées Maliennes (FAMa) ont répondu par une manœuvre de «reculer pour mieux sauter» d’une efficacité redoutable. En encerclant Kidal et en verrouillant les corridors menant à la frontière algérienne, les FAMa transforment la ville symbole en une nasse infranchissable pour les groupes armés. Analyse de ce «choc des blocus» où la souveraineté nationale joue sa survie.
Depuis le 25 avril 2026, la guerre a changé de visage dans notre patrie. Ce n’est plus seulement une lutte pour le contrôle des points de passage, mais une véritable partie d’échecs logistique. D’un côté, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), s’échine à vouloir isoler la ville des 3 caïmans. De l’autre, l’État-Major des FAMa, fort d’une vision globale, a transformé le repli tactique de Kidal en une offensive d’encerclement stratégique.
L’imposture du « blocus total » de Bamako
Le 30 avril 2026, Bina Diarra, porte-parole du JNIM, annonçait, avec une morgue certaine, un blocus total autour de Bamako. L’objectif était limpide : créer un climat d’insurrection par la faim, provoquer des pénuries artificielles et briser le moral des populations citadines. Certes, la menace est réelle. Les actes de sabotage sur l’axe Bamako-Abidjan et les incendies criminels de camions à Kéniéroba témoignent d’une volonté de nuire.
Cependant, l’analyse des faits ce dimanche 10 mai 2026 contredit radicalement la rhétorique terroriste. Contrairement aux litanies alarmistes relayées par certains médias étrangers, Bamako n’est pas tombée ni asphyxiée. Mieux, la capitale respire. L’arrivée de convois de camions-citernes sous escorte prouve que les FAMa maîtrisent les flux essentiels. Si le trafic routier subit des perturbations, le cordon ombilical n’est jamais rompu. Le JNIM parle de blocus, la réalité montre un harcèlement que l’armée malienne neutralise chaque jour un peu plus par des escortes sécurisées et une surveillance aérienne accrue.
Le rôle de la frontière algérienne
Le verrouillage de la zone de Tinzawatène est la pièce maîtresse du dispositif. Pendant trop longtemps, les groupes armés ont bénéficié d’une porosité frontalière leur permettant de se réorganiser à l’abri des poursuites. En coupant les routes menant à l’Algérie, les FAMa affirment non seulement leur autorité territoriale, mais envoient aussi un message diplomatique fort : le Mali ne permettra plus que son flanc nord serve de zone de transit pour la déstabilisation régionale.
Les reconnaissances offensives menées par la DIRPA, sous l’égide du Commandant Djibrilla Maïga, démontrent une montée en puissance technologique. L’utilisation systématique de drones et de patrouilles motorisées sur les itinéraires stratégiques rend toute fuite massive impossible sans confrontation directe. Le Mali n’est plus dans la réaction, il est dans la préemption.
Le Mali, maître du temps et de l’espace
La situation ce dimanche 10 mai 2026 montre un Mali debout, qui a su transformer une épreuve sécuritaire en une opportunité de reconquête souveraine. Le blocus de Bamako, tant vanté par le JNIM, s’avère être une opération de communication qui s’essouffle face à la résilience des convois. En revanche, le blocus de Kidal imposé par les FAMa est une réalité opérationnelle qui étrangle la logistique terroriste.
Le Mali a choisi son camp : celui de la fermeté. En encerclant Kidal, l’armée malienne ne fait pas que protéger une ville, elle protège l’unité de la nation. Elle montre que la stratégie de la terreur peut se retourner contre ses auteurs. Tant que les routes vers l’Algérie resteront fermées et que les corridors de Bamako resteront ouverts sous la garde des FAMa, le projet de « Somalisation » du Mali restera une chimère. La victoire se dessinera par cette capacité à tenir les axes et à étouffer l’hydre là où elle se croit protégée. Le Mali n’a pas seulement reculé ; il a bondi, et le piège s’est désormais refermé sur ceux qui croyaient pouvoir isoler la République.
PAR EL HADJ SAMBI ASSA TOURE