L’hôtel ONOMO de Bamako a abrité, mardi après-midi, la grande finale de la 3ème édition du concours d’éloquence dénommé ‘’Komatiki’’, organisé par l’Association ‘’Action for éducation. Ladite compétition qui opposait les étudiants de TECNOLAB-ISTA et l’EUTG (finalistes) et deux autres universités, portait sur la justice transitionnelle au Mali. Après des jours de tri entre une quarantaine d’étudiants, sept candidats ont été retenus pour la finale pour l’art oratoire et deux universités qui compatissaient à quatre dans le domaine d’un débat sur la justice transitionnelle.

C’est quatre universités de la place à savoir TECNOLAB-ISTA, l’EUTG, ENI-ABT et UGT qui se sont affrontées sur cette question qui est d’ailleurs d’actualité dans notre pays secoué par la crise sécuritaire.
Selon les organisateurs du concours, les candidats au concours d’éloquence ‘’Kumatigi’’ ont traité d’un thème unique.
« Les prestations ont été notées par un jury composé de trois personnes qui ont procédé à un tirage au sort pour déterminer l’ordre de passage des candidats, au début de la compétition », a dit Bouba TOURÉ, membre du comité d’organisation du concours.
Pour les candidats de l’éloquence, le temps alloué pour les discours lors de cette finale était de 5 à 7 minutes. Les candidats se sont ainsi s’exprimer en français. Par ailleurs l’utilisation de la langue anglaise et les citations en langues nationales était aussi autorisées.
Pour plus d’équité entre les candidats, les discours sont chronométrés par un timekeeper à partir du premier mot prononcé par le concurrent, incluant les salutations d’introduction.
Dans le vif des sujets, les finalistes de l’art oratoire ont été unanimes que le mécanisme de la justice transitionnelle au Mali est un processus, judiciaire et non judiciaire, destiné à faire toute la lumière sur les graves exactions commises pendant la crise de 2012 au nord avec la différente rebelle.
« La justice transitionnelle repose sur des piliers que sont : le droit à la vérité, droit à la justice, droit à la réparation et la garantie de non-répétition. Les mécanismes de sa mise en œuvre sont la commission de vérité, justice et réconciliation(CVJR), la commission d’enquête internationale, la politique nationale de la justice transitionnelle et ses plans d’action », a expliqué la candidate Anna BALLO de l’EUTG. Selon elle, malgré des avancées considérables dont les audiences publiques, le processus est confronté à plusieurs obstacles dont l’identification des victimes, l’absence de protection des témoins, la loi d’entente nationale qui gracie des personnes accusées d’exactions.
« Pour y remédier, il faut accélérer les réformes institutionnelles, l’exécution effective de la politique nationale et ses plans d’action, l’adoption d’une loi nationale de réparation, l’adoption d’une politique mémorielle etc. », a-t-elle proposé comme solution. Kadiatou CISSE de la même université a jugé nécessaire, lors de son passage devant le jury qu’il faille mettre fin à l’impunité et l’instauration de la règle de droit.
« La protection juridique et humaine des droits de l’homme, des enquêtes sur les crimes passés, l’identification des responsables et des sanctions à leur égard, la réparation des dommages et le renforcement de la sécurité, le renforcement de la réconciliation sont des moyens efficaces pour promouvoir la justice transitionnelle au Mali », a-t-elle dit.
C’est un débat houleux qui a opposé les étudiants du TECNOLAB-ISTA et l’EUTG sur le même thème.
A la fin de la compétition, c’est Anna BALLO de l’EUTG qui s’est taillé le premier prix remportant ainsi un ordinateur portable, une somme de 200 000 F CFA et un trophée CIWARA. Kadiatou CISSE de la même université suit respectivement sa camarade de classe en arrachant un ordinateur portable, une somme de 100.000 FCFA, le troisième prix a été octroyé à Pierre Tidiane BERTHE de TECNOLAB-ISTA.
La part du lion pour le débat a été arrachée par l’équipe de TECNOLAB-ISTA avec la somme de 200 000 F CFA, une médaille et une tablette pour chaque membre de l’équipe.

PAR CHRISTELLE KONE

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