C’est officiel, notre pays a accusé, ce lundi 6 avril 2025, le gouvernement algérien d’avoir abattu de façon ‘’préméditée’’ la nuit du 31 mars, son drone opérant à la limite de ses frontières. Ces faits viennent confirmer les soupçons, toujours niés par l’Algérie, de son soutien aux groupes terroristes. En plus de condamner avec la dernière rigueur cette action hostile, inamicale et condescendante des autorités algériennes, notre pays passe à un autre level en portant plainte devant la communauté internationale. Inédit dans les relations entre les deux pays qui, récemment, sont fréquemment divisés dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

La tension monte entre notre pays et l’Algérie, accusée d’un «acte hostile prémédité» suite à la destruction de notre drone militaire dans la nuit 30 mars. Ce drone effectuait une mission de reconnaissance, en préparation d’offensives contre des groupes terroristes repérés dans la zone de Tinzawaten, considérée comme leur base de refuge. Pour le gouvernement de notre pays, il ne fait aucun doute que l’Algérie, malgré les récents appels à la fraternité de son président, est l’auteur d’un «acte d’agression inédit» contre le Mali.
Après avoir affirmé dans un communiqué avoir abattu un drone survolant sur son espace aérien, l’Algérie refuse contre toute attente de collaborer avec son ‘’frère du Mali’’ pour clarifier cet incident, s’indigne le gouvernement de la transition avant de conclure “le drone des forces armées maliennes et de sécurité maliennes, a été détruit suite une action hostile préméditée du régime algérien’’.
Contrairement au communiqué algérien du 1 avril, « La distance entre le point de rupture de liaison avec l’appareil et le lieu de localisation de l’épave est de 441 mètres. Ces deux points sont situés sur le territoire national », précise le communiqué de notre gouvernement, ajoutant que l’aéronef « est tombé à la verticale, ce qui, probablement, ne peut s’expliquer que par une action hostile causée par des tirs de missiles sol-air ou air-air ».
Ce différend renforce le soupçon et les accusations contre l’Algérie d’être le parrain des terroristes du nord de notre pays.
En effet, ses agissements contre le Mali, depuis des années, contrastent avec les discours officiels des responsables algériens prônant la stabilité et le retour de la paix.
Sans langue de bois, les autorités de notre pays dénoncent avec véhémence l’ingérence algérienne dans leurs affaires intérieures et réitèrent leurs accusations contre le pays de Tebboune, qui a adopté une politique ambiguë envers les groupes armés au Sahel.

Complicité avérée
‘’…Cet agissement prouve, si besoin en était, que le régime algérien parraine le terrorisme international. En effet, la destruction du drone a clairement pour effet, sinon pour but d’entraver la neutralisation de groupes armés ayant revendiqué des actes terroristes’’, affirme le gouvernement de notre pays, se basant aussi sur des déclarations du chef de l’Etat algérien qui avait affirmé ‘’récemment en mondovision que 90% des solutions maliennes se trouvent en Algérie”.
En clair, l’Algérie reconnaît être le problème de la crise malienne, dont la résolution passe inéluctablement par elle. Aussi, l’Algérie accusait notre pays d’agir militairement contre les groupes terroristes qui se sont réfugiés à ses frontières au prétexte que l’option militaire n’est pas la solution.
Faisant fi de toutes les considérations liées à l’histoire entre nos deux pays, l’Algérie s’affiche à visage découvert, en plus de servir de base arrière aux groupes terroristes, d’être le soutien de ce groupe en perpétrant des agressions contre l’Etat du Mali, en vue de protéger ses suppôts terroristes, en violation de toute convention et du droit international.
Pour autant, elle a été la marraine des accords de paix de Tamanrasset (1991), Alger (2006) et, plus récemment, de l’Accord pour la paix et la réconciliation (2015) issu du processus d’Alger, que le gouvernement de transition a dénoncé, souhaitant privilégier une approche plus autonome, en rupture avec les accords passés.

Plainte contre l’Algérie
Condamnant avec la dernière rigueur cette action hostile, inamicale et condescendante des autorités algériennes, les autorités de la transition ont annoncé la convocation de l’ambassadeur d’Alger pour « protester » contre son pays, son retrait avec effet immédiat du Comité d’état-major opérationnel conjoint (CEMOC), une alliance de plusieurs armées du Sahel pour lutter contre le terrorisme et une plainte devant des instances internationales « pour actes d’agression ».
En rappelant les efforts consentis par le Mali en faveur l’indépendance algérienne, le gouvernement ‘’demande au régime algérien, exportateur de terrorisme, de cesser d’être une menace à la paix et à la sécurité régionales, puis d’adopter un comportement responsable visant à promouvoir la paix et le développement’’.
Si l’agression de l’Algérie, en abattant le drone des forces armées maliennes récemment acquis, est un acte visant à décourager la lutte contre le terrorisme, le Gouvernement de la Transition réitère à la population malienne que «rien n’entamera la détermination» des FAMa à poursuivre et atteindre le noble objectif d’éradiquer le terrorisme, sous toutes ses formes.

Le bloc AES contre la duplicité algérienne
Contrairement aux incidents précédents, cette fois-ci, le Mali ne mène pas seul la bataille diplomatique contre l’Algérie, parrain des terroristes. Conformément aux lettres et à l’esprit de la création de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), ses membres ont décidé de faire un bloc autour du Mali.
“Le collège des Chefs d’Etat de la confédération AES condamne avec la plus grande énergie cet acte irresponsable du régime algérien, en violation du droit international et à rebours des relations historiques et fraternelles entre les peuples de la confédération AES et le peuple algérien’’, a condamné le collège des chefs d’Etat dans un communiqué.
«Le collège des chefs d’Etat de l’AES [Alliance des Etats du Sahel] décide de rappeler pour consultations les ambassadeurs des Etats membres accrédités à Alger », ont annoncé les trois pays dans un communiqué commun.
Décidant d’agir ensemble au sein d’une confédération, les trois pays rappelle ’’au régime algérien que l’éradication du terrorisme demeure une lutte existentielle pour l’AES’’ et par conséquent exige de l’Algérie ‘’d’adopter une posture constructive et de contribuer enfin, à la promotion de la paix et de la sécurité dans notre région’’.
Cet incident vient refroidir les relations entre les deux voisins qui avaient entamé les démarches pour rétablir leur confiance après plusieurs mois de brouille.

PAR SIKOU BAH

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