Les 17 et juin 2013, bien qu’exclus des négociations et de la signature de l’accord, le groupe djihadiste a bel et bien été reçu à Ouaga par le Médiateur de la crise malienne Blaise Compaoré avec lequel il a eu plusieurs heures d’entretien au moment même de la signature de l’Accord dans la capitale burkinabè (les 17 et les 18 juin 2013).
Par ailleurs, le HCUA n’est-il pas une excroissance d’Ansardine à travers sa principale composante (MIA d’Alghabass Ag Intallah, sommé par Paris de quitter Ansardine et de créer son propre mouvement, mouvement qu’il a baptisé MIA – Mouvement islamique de l’Azawad- ?). Dès lors, les sigles de ses mouvement séparatistes devraient-ils tromper la bonne foi ? En effet, les fondateurs du HCUA n’ont jamais rompu les liens avec Ansardine. Pour preuve, ils opèrent toujours ensemble sur le terrain contre notre pays en ce mois de juin 2026 ?
Aussi, ne peut-on pas dire que l’Accord de Ouaga n’avait pour but que de légitimer et de sanctuariser la coalition terroristes (séparatistes et djihadistes) au nord de notre pays en vue de parvenir à sa partition ?
En effet, le plan funeste de Ouaga de reposait sur quatre piliers immédiats :
1. Cessez-le-feu immédiat entre l’armée malienne et les rebelles du MNLA/HCUA.
2. Cantonnement des combattants rebelles sous supervision internationale.
3. Retour de l’armée malienne et de l’administration publique à Kidal.
4. Engagement à ouvrir des négociations globales dans les 60 jours suivant l’élection d’un nouveau président (ce qui mènera plus tard à l’Accord d’Alger en 2015).
Bien que l’accord consacre les principes mielleux du respect de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale du Mali; respect de la forme républicaine et laïque de l’Etat; respect de l’égalité entre les citoyens maliens; et rejet de toute forme d’extrémisme et de terrorisme, il reste clair quand à la dénomination des signataires qu’ils désignent comme «les Parties signataires du présent Accord», avec les mêmes droits et les mêmes devoirs. Réduisant du coup, l’Etat souverain et internationalement reconnu à un statut de simple mouvement terroriste. Pour preuve, en vue de la mise en place de la Commission Technique Mixte de Sécurité, l’Accord préconise de manière paritaire : 4 représentants des forces de défense et de sécurité du Mali et 4 représentants des groupes armés signataires (article 8).
Bien l’Accord reconnaisse et écrive noir sur blanc que «le désarmement des groupes armés exigé par la CEDEAO, l’Union Africaine et le Conseil de sécurité des Nations Unies est accepté par tous», il trouve le moyen d’un enfumage inqualifiable pour mettre ce désarmement à la Saint glinglin. En effet, l’Accord dit : «la première étape de ce désarmement est le cantonnement des éléments des groupes armés. Ce désarmement sera finalisé après la signature de l’accord global et définitif de paix dans le cadre du processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR)’.
A quand le cantonnement en vue du désarmement ? Réponse : la Commission Technique Mixte de Sécurité est chargée de «élaborer, dans les meilleurs délais possibles suivant la signature du présent Accord les modalités du cessez-le-feu incluant notamment les arrangements sécuritaires, le cantonnement et le désarmement des groupes armés du nord du Mali ainsi que le redéploiement effectif des forces de défense et de sécurité du Mali» (article 7) .
C’est quand «les meilleurs délais possibles suivant la signature du présent Accord» ? Réponse : «dans le cadre du processus de désarmement qui sera finalisé après la signature de l’accord global et définitif de paix, les groupes armés signataires s’engagent à procéder sans délais au cantonnement de leurs éléments, sous la supervision et avec le soutien de la MISMA/MINUSMA, ainsi que le concours initial de la Force Serval, dans des sites définis conjointement « (article 11) En d’autres termes, les rebelles garderont leurs armes jusqu’à la signature d’un accord définitif. Prévu pour quand ?
L’Accord préliminaire de Ouaga se contente seulement de dire à l’article 21 que «à l’issue de l’élection présidentielle et soixante (60) jours après sa mise en place, le nouveau Gouvernement du Mali, en collaboration avec la Commission dialogue et réconciliation entamera, avec l’accompagnement de la communauté internationale, des pourparlers de paix avec toutes les communautés du nord, les signataires ainsi que les groupes armés ayant adhéré au présent Accord en vue d’aboutir à l’établissement d’une paix globale et définitive.
Ce dialogue inclusif portera, entre autres, sur les questions suivantes :
– l’organisation administrative et institutionnelle du Mali, en particulier les régions du nord du Mali désignées par certains sous le terme Azawad;
– la stratégie de développement intégré des collectivités territoriales au Mali ;
– la réorganisation des forces de défense et de sécurité ainsi que le programme de désarmement, de démobilisation et de réinsertion socioéconomique (DDR) des groupes armés du nord du Mali…»
On comprendra pourquoi, le 17 décembre 2013 lors de l’inauguration du barrage de Félou, le président Ibrahim Boubacar Keïta, en gros malinké, avait martelé : «je ne négocierai plus avec un groupe armé. Qu’ils déposent d’abord les armes et on pourra discuter après. Un rebelle ne peut se hisser à mon niveau pour discuter d’égal à égal… Il n’y aura ni autonomie, ni Independence, ni fédéralisme à l’ordre du jour»». A la manette, la France répondra : «qui est-il pour fixer des conditions» ? Et l’autre benêt maraka avait titre que le sauveur était devenu le bourreau…
LA RÉDACTION