La population de N’Tabacoro était fortement mobilisée, ce dimanche 15 juin 2025, à l’initiative de l’Association des quartiers menacés de démolition de N’Tabacoro pour exprimer leur colère. C’était à la faveur d’une Assemblée générale d’informations par rapport à la question de démolition de plus de 4 000 familles au profit des logements sociaux ; en présence de plusieurs personnalités du quartier dont des Imams ; du Président de l’Association elle-même ; ainsi que des milliers de victimes.
Au cours de la rencontre, on pouvait lire sur des pancartes des messages d’indignation et d’interpellation tels que : « Fô an Chou » ; « Nous voulons que l’Etat nous mette dans nos droits» ; « Que l’Etat nous régularise » ; « comment démolir des maisons au profit des autres concessions », etc.
Depuis un certain temps, des maisons sur le site des logements sociaux de N’Tabacoro sont menacées de déguerpissement par l’Office malien de l’habitat (OMH). Après une notification adressée aux occupants du site le 12 mars dernier par le chef de l’exécutif régional de Koulikoro, les autorités nationales ont décidé en toute responsabilité, de déguerpir les constructions qualifiées «d’anarchiques» sur ledit site. Cette décision vient de provoquer panique et incompréhensions chez plus de 4 000 familles installées sur une superficie de 5 ha. Car, les occupants soutiennent n’avoir appris la nouvelle que le 4 juin dernier.
Selon les initiateurs de la rencontre, cette mobilisation visait à mettre les populations de N’Tabacoro au même niveau d’information sur la situation.
Des notifications adressées aux occupants
Dans son intervention, Issiaka BENGALY a fait savoir qu’après toutes démanches, les occupants de N’Tabacoro avaient constaté que l’Office malien de l’habitat (OMH) a saisi un Cabinet d’Huissier pour donner les notifications à des occupants de N’Tabacoro.
Selon le Président BENGALY, la notification précise que le ministère en charge de l’Urbanisme est au courant de l’acte.
Raison pour laquelle, explique-t-il, les populations de N’Tabacoro se sont mobilisées lors de l’Assemblée générale, à l’initiative de l’Association, pour que tout le monde soit au même niveau d’informations sur cette situation très préoccupante ne dégénère pas.
Dans ses explications, Issiaka BENGALY a révélé que l’Etat avait signé des décrets concernant la création des extensions de N’Tabacoro trouvant que des occupants étaient installés sur le site depuis 20 ans.
Selon le président des quartiers menacés de démolition, il a été constaté par les autorités nationales que des autorités administratives de Kalaban-coro, la sous-préfecture de Kati et la préfecture de Kati avait morcelé le site pour les vendre à des tierces personnes qui détiennent des titres fonciers et des permis d’occuper.
Plus de 30 000 personnes concernées
Dans son propos, Issiaka BENGALY a signalé que plus de 4 000 familles sont menacées de démolition à N’Tabacoro qui sont occupées par environ 30 000 personnes.
Le Président BENGALY regrette que ses doléances soient restées sans suite favorables à plusieurs niveaux. Le hic, selon M. BENGALY, c’est que l’Office malien de l’habitat n’a jamais fait des propositions aux occupants lors des démarches.
Il a précisé que le ministère de l’urbanisme n’a pas aussi fait de propositions aux populations de N’Tabacoro par rapport à cette situation.
Aux dires du Président Issiaka BENGALY, le ministre aurait rassuré qu’aucune maison ne sera démolie au profit d’une autre construction à N’Tabacoro. Mais, ce qui n’est pas négociable, ce sont les places publiques qui étaient réservées.
Il a affirmé que le ministre de l’urbanisme avait ajouté que l’Etat ne dédommagerait les victimes qui ont occupé des espaces publics.
Enfin, M. BENGALY a déploré le fait que le ministre, lors des dernières rencontres, avait ajouté qu’il ne serait pas prêt désormais à rencontrer la délégation de la population de N’Tabacoro.
Les populations de N’Tabacoro sont installées sur une superficie de 5 hectares sur le site de ATTbougou, selon nos sources.
« S’il faut démolir la construction d’un pauvre pour donner la parcelle à quelqu’un d’autre, c’est vraiment triste. Nous avons des papiers légaux délivrés par les autorités de ce pays », déplore une victime.
«On nous parle de Mali Kura, mais l’Etat persiste dans l’ancien système marqué par des abus du pouvoir», s’est-il lamenté.
PAR SABA BALLO