Alors que la situation sécuritaire au Mali continue de se dégrader, les conséquences humanitaires deviennent de plus en plus alarmantes, en particulier pour les femmes et les filles. Le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) alerte sur l’aggravation des besoins sanitaires et psychosociaux dans les régions du centre et du nord du pays, où des attaques menées par des groupes armés non étatiques ont semé la terreur au mois de juin.
Les attaques, notamment à Boulkessi, Tombouctou, Tessit, Gao, Ménaka et dans la région du Liptako-Gourma, ont provoqué de nouveaux déplacements massifs de population, portant le nombre total de déplacés internes à plus de 402 000 personnes, dont 58 % sont des femmes et des filles, selon le bulletin de l’UNFPA.
Cette pression démographique exercée sur les sites d’accueil a sérieusement ébranlé les services de santé, en particulier ceux relatifs à la santé sexuelle et reproductive (SSR).
« La surpopulation des sites de déplacés internes a mis à rude épreuve des systèmes de santé déjà fragiles, limitant davantage l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive et augmentant le risque de violences sexistes, en particulier d’exploitation sexuelle et de violences conjugales », indique le document de la mission onusienne.
Malgré ces défis, l’UNFPA demeure engagé. En juin 2025, ce sont 6 952 personnes, majoritairement des femmes et des filles (80 %), qui ont reçu une assistance directe à travers 86 établissements de santé, 6 espaces sûrs et 7 centres multiservices.
Parmi les prestations offertes par l’UNFPA comprenaient des soins prénatals et postnatals, la planification familiale, l’accompagnement à l’accouchement et la formation des prestataires de soins aux soins obstétricaux et néonatals (SONU).
En parallèle, l’organisation a soutenu 85 projets générateurs de revenus ciblant des femmes et des filles vulnérables, y compris en situation de handicap, et a fourni un accompagnement psychosocial à plus de 400 bénéficiaires.
Les équipes mobiles de l’UNFPA ont également atteint 1 231 personnes avec des services de SSR et de lutte contre les violences basées sur le genre (VBG), tandis que plus de 2 500 membres des communautés ont été sensibilisés via des séances d’éducation communautaire.
À mi-parcours de l’année, l’UNFPA fait face à une crise de financement majeure. Seuls 3,4 millions de dollars ont été mobilisés sur les 16,5 millions requis pour l’année 2025. Un déficit de 80 % qui compromet la pérennité des services essentiels.
Dans son bulletin de juillet, l’UNFPA lance un appel pressant à la communauté internationale, tout en exprimant sa reconnaissance aux partenaires engagés : ECHO, le Fonds d’urgence de l’UNFPA, le CERF et la KOICA.
Elle appelle à un soutien supplémentaire pour maintenir les soins essentiels aux femmes et aux filles au Mali victimes des conséquences de l’insécurité dans le pays.
PAR SIKOU BAH