Le ministre de la Justice, Garde des sceaux, Mamoudou KASSOGUE, a levé, ce jeudi 10 avril 2025, le voile sur un harcèlement numérique : plus de 8000 e-mails venant d’Amnesty International sur sa boîte de réception. Leur requête ? Rien de moins que l’annulation d’une décision de justice concernant une personne déjà jugée et condamnée.
C’est avec une ironie que le ministre de la Justice a affirmé, ce jeudi, en accueillant la nouvelle équipe de la Commission nationale des droits de l’homme du Mali (CNDH) : « Je suis victime de la violation de mes droits humains ! ».
Au cœur de cette rencontre : une prise de contact avec les gardiens des droits de l’homme de notre pays, dont la mission, selon le ministre, va au-delà de la simple défense des libertés individuelles et englobe la préservation du socle même de l’État.
Dans les échanges, le ministre KASSOGUE a martelé un mot d’ordre pour la nouvelle équipe : l’objectivité doit être leur boussole.
Un principe, selon lui, piétiné allègrement par de prétendues grandes organisations de défense des droits de l’homme, Amnesty International en tête. Et de dénoncer les très nombreuses correspondances et les plus de 8000 messages électroniques qui ont envahi sa messagerie, exigeant la libération d’un individu condamné par la justice malienne. En clair, Amnesty International, d’après le ministre, lui demande ni plus ni moins d’annuler une décision souveraine de la justice.
« C’est pratiquement du harcèlement ! », a tempêté le ministre de la Justice, dénonçant une instrumentalisation et une politisation flagrante de la question des droits de l’homme.
Des faits, a-t-il souligné avec amertume, illustrés par des condamnations à géométrie variable. ’’On tue certains, le monde entier pleure ; on tue d’autres silence radio. Lorsque les terroristes sont tués, ils disent que ce sont des civils, mais lorsque les femmes sont tuées, il n’y a aucune réaction. Pas de condamnation, ni compassion’’, s’est-il indigné.
Son accusation était claire : ces ONG dansent au rythme des portefeuilles de leurs bailleurs, dictant une objectivité des droits de l’homme.
Tout n’est pas rose, a concédé M. KASSOGUE, cependant peu de pays seraient en mesure d’accomplir les efforts du gouvernement en matière du respect des droits humains dans le contexte de son pays marqué par une crise sécuritaire, politique…
Par ailleurs, il a invité la CNDH à ne pas faire fi du «relativement culturel» malien, qui interdit certains comportements déviants tolérés ailleurs, notamment à l’égard des figures d’autorité.
« Nos valeurs n’acceptent pas que l’on puisse insulter une figure tutélaire », a-t-il rappelé avec force, plaidant pour l’intégration de cette dimension culturelle dans l’approche d’évaluation de la CNDH. Et de souligner que cette notion est désormais ancrée dans le code pénal du pays.
’’Quand on applique le code pénal, ils vont dire qu’on a fermé l’espace civique. Ce n’est pas vrai, on n’a jamais fermé l’espace civique. Malgré le contexte que nous vivons, on n’a jamais pris un texte d’exception pour limiter l’exercice des libertés publiques’’, a-t-il affirmé.
PAR SIKOU BAH