A l’occasion de la Journée de l’enfant africain (16 juin), des organisations de la société civile alertent les autorités nationales sur la situation des enfants victimes de l’esclavage par ascendance au Mali. Pour ce faire, elles lancent une pétition pour accélérer le processus d’adoption d’une loi spécifique contre l’esclavage par ascendance qui protégerait davantage les enfants qui en sont victimes. Toute personne sensible à cette cause est invitée à signer et partager la pétition pour renforcer cet appel collectif en faveur des droits de l’enfant au Mali.

Cet appel pressant a été lancé ce lundi 16 juin 2025, à la faveur d’une conférence de presse qui avait pour cadre la Maison de la presse du Mali.
Dans le cadre de ce plaidoyer, une pétition a été lancée sur la plateforme Change.org pour soutenir l’adoption d’une loi spécifique contre l’esclavage par ascendance au Mali.
Portée par les associations Temedt et Wildaf-Mali en partenariat avec ASF Canada, cette initiative vise à mobiliser largement la société civile et les citoyens autour de cette cause, en rassemblant plusieurs milliers de signatures.
Elle constitue un outil fort de sensibilisation et de pression citoyenne pour mettre fin à cette pratique discriminatoire et protéger durablement les enfants concernés.
Toute personne sensible à cette cause est invitée à signer et partager la pétition pour renforcer cet appel collectif en faveur des droits de l’enfant au Mali. https://www.change.org/agissons-pour-mettre-fin-à-l-esclavage-par-ascendance- au-mali.
En organisant cette conférence de presse le 16 juin, journée de mémoire du massacre des enfants de Soweto en 1976, ASF Canada et ses partenaires souhaitent rendre hommage à toutes les luttes pour la dignité des enfants africains. Ce moment symbolique est aussi un appel fort à l’action, pour que plus aucun enfant ne soit privé de liberté, de justice, ni d’avenir au Mali.

Bien que criminalisée par les articles 324-12 à 324-28 du nouveau Code pénal malien (promulgué en décembre 2024), l’esclavage par ascendance reste une réalité persistante dans certaines communautés.
Au Mali, 200 000 personnes vivent encore sous le contrôle direct de leurs «maîtres» dont des enfants, principalement dans la région de Kayes qui concentre 99% des cas identifiés.
Entre 2017 et 2020, plus de 100 plaintes ont été déposées, mais une large majorité des victimes se disent insatisfaites de la réponse judiciaire, tandis que des déplacements forcés ont touché plus de 1150 personnes en 2019, victimes d’esclavage par ascendance.
Ce système, basé sur des hiérarchies sociales discriminatoires transmises de génération en génération, affecte lourdement les droits fondamentaux des enfants issus de groupes dits « inférieurs ».
Ces enfants sont exposés à de graves violations de leurs droits fondamentaux, telles que la séparation familiale forcée, les violences physiques, sexuelles et psychologiques, le travail forcé assimilable à la servitude, ainsi que la privation de toute protection institutionnelle.
Ces atteintes ont des conséquences profondes, notamment la stigmatisation, la discrimination et l’entrave à l’accès à l’éducation, qui aggravent leur marginalisation sociale.
Dans plusieurs cas, ces violations se déroulent dans un climat d’impunité généralisée, particulièrement dans les zones affectées par l’insécurité et le retrait de l’autorité étatique.
Les associations Temedt et Wildaf-Mali en partenariat avec ASF Canada rappellent que la criminalisation de l’esclavage par ascendance dans le Code pénal constitue un progrès significatif, mais soulignent qu’elle ne saurait suffire sans mesures concrètes de mise en œuvre.
À ce titre, elles plaident auprès du ministère de la Justice et des droits de l’Homme pour diligenter l’adoption d’une loi spécifique contre l’esclavage par ascendance, avec des dispositions spécifiques de protection des filles, pour rendre effectif les poursuites judiciaires contre les auteurs de ces actes, afin d’obtenir des décisions de justice claires, mais aussi des réparations pour les enfants victimes. Car sans justice, il n’y aura pas de fin durable à ces pratiques.
Du ministère de la Sécurité et de la Protection civile, la mise en place immédiate d’enquêtes et d’opérations policières coordonnées, afin d’identifier les lieux de détention et de procéder à la libération des enfants actuellement enlevés et retenus contre leur gré.

Par Abdoulaye OUATTARA

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *