Deux semaines après la décision du gouvernement interdisant l’exploitation minière illégale par les sociétés étrangères dans les cercles de Kangaba et Kéniéba, dans la région de Kayes, de nouvelles tensions autour de l’orpaillage apparaissent dans le cercle de Kangaba. Mardi dernier, des heurts ont éclaté entre les jeunes de la localité de Sébékourani, dans la commune rurale de Naréna, et une entreprise chinoise venue reprendre ses activités. Alors que les manifestants crient à la violation de la mesure présidentielle, des responsables sécuritaires et politiques de la zone affirment que l’entreprise est dans ses droits.

Mardi dernier, les responsables de la « YIJIN MINING-SARL » étaient arrivés avec les engins sous escorte des forces de sécurité pour tenter de reprendre les activités sur le terrain. Mais des jeunes très remontés contre la présence chinoise se sont interposés pour empêcher le convoi de progresser.
«Nous sommes aujourd’hui, le 11 mars, à Sébékourani. Malgré la décision du président de la République, les Chinois sont toujours là chez nous et veulent détruire nos terres. Pourtant, le 5 mars 2025, le président a demandé d’annuler les permis de toutes les entreprises étrangères, notamment chinoise à Kangaba et Kéniéba. Les populations sont sorties pour récupérer les machines des entreprises chinoises qui voulaient entrer dans nos champs.
Mais, après cet acte de bravoure des populations, les forces de l’ordre sont intervenues avec les gaz lacrymogènes pour prendre ces machines et les remettre aux Chinois. Selon les éléments de la sécurité, les Chinois ont des permis », a-t-il expliqué un manifestant dans une vidéo qui a fait le tour des réseaux sociaux.
« Depuis trois mois, nous sommes dans cette guéguerre avec les Chinois. On se demande si les autorités administratives et politiques du cercle de Kangaba sont au-dessus des décisions du Chef de l’Etat», a déploré un autre, qui précise que la décision a été prise en conseil des ministres de suspendre les activités minières.
Selon l’adjoint au maire de Naréna, Mamadou KANTE, joint au téléphone, ces sociétés chinoises sont en activité depuis 2021 à Naréna. Elles disposent des permis de recherche, des permis d’environnement. Elles ont fait les concertations publiques et disposent de permis d’exploitation.
S’agissant de « YIJIN MINING-SARL », la société chinoise en question, il a fait savoir qu’elle dispose d’un permis d’exploitation qui s’étend sur deux communes (Benkadi et Naréna) sur près de 100 km².
Il ressort de son propos que des agitateurs se faisant appeler Sigida Lakana Ton sont à l’origine de ces manifestations.
Pour lui, il n’y a pas de doute que les entreprises chinoises ont respecté toutes les règles de droit en la matière. Ce qui fait dire à l’élu de la localité que ces jeunes ne sont pas de bonne foi.
« Il y a certains parmi eux qui louent des machines aux orpailleurs. On a aussi constaté que des propriétaires terriens ont vendu leur champ de culture à des orpailleurs à l’insu de la mairie. Et ce sont, dit-il, ces mêmes gens qui sont à la tête de la contestation contre la présence des entreprises qui disposent des permis d’exploitation de l’Etat. Nous demandons à l’Etat de s’assumer pour mettre fin à cette situation », a conclu M. KANTE, premier adjoint au maire de Naréna.
Rappelons que les sous-préfets, les chefs de la police et de la gendarmerie ont été relevés par le conseil des ministres du 5 mars dernier.
Par Abdoulaye OUATTARA

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