Notre pays organisera du 17 au 19 juillet prochain le Forum international de la diaspora, un événement majeur, dont l’objectif est de mobiliser les compétences et les capitaux des Maliens établis à l’étranger en faveur du développement du Mali.

Placé sous le thème « Les enjeux et défis pour une diaspora au cœur du développement économique national », ce forum est une initiative conjointe du ministère des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine et de l’Organisation Internationale pour les migrations (OIM).
La rencontre, qui se tiendra sous la présidence d’honneur du Président de la Transition, le Colonel Assimi GOÏTA, verra la participation de plus de 500 personnes, incluant des investisseurs, des entrepreneurs, des représentants d’institutions publiques, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des délégations de pays invités.
Lundi 23 juin 2025, les enjeux de ce forum étaient au cœur d’une audience hautement symbolique qui a eu lieu à la Primature. Selon la page Facebook de la Primature, le Premier ministre, le général de division Abdoulaye MAÏGA, a reçu une délégation du Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur (HCME), conduite par son président, M. Habib SYLLA.
Mais au-delà de cet agenda économique, le Premier ministre a lancé un appel fort qui est la création d’un cadre de dialogue inclusif pour impulser une nouvelle dynamique à la diaspora malienne.
Dans le cadre de l’Alliance des États du Sahel (AES), la diaspora peut jouer un rôle stratégique, à condition d’être organisée, entendue, mobilisée.
Le Premier ministre a ainsi mis en lumière l’urgence d’un nouveau cadre de dialogue avec l’ensemble des acteurs de la diaspora, bien au-delà des structures classiques.
Il s’agirait de rassembler les jeunes entrepreneurs, les scientifiques, les innovateurs, les associations, les investisseurs potentiels et surtout les cerveaux formés aux frais de l’État malien, aujourd’hui au service de pays étrangers.

Des perspectives audacieuses
La diaspora malienne ne doit plus se limiter à des transferts financiers. Elle doit devenir un acteur de développement et de souveraineté économique.
Les milliardaires maliens installés dans les pays du Golfe, en Europe, aux États-Unis ou en Afrique centrale peuvent être des leviers puissants dans la relance de la filière coton, le développement de l’énergie solaire, l’investissement dans les mines locales, l’essor d’un immobilier moderne, l’amélioration des plateaux techniques de nos hôpitaux, la création d’universités de pointe et de centres de recherche.
Encore faut-il que les conditions institutionnelles, politiques et techniques soient réunies pour les inciter à venir, investir et rester.
D’après des statistiques, les transferts de fonds annuels dépasseraient les 1 000 milliards de FCFA, soit plus que l’aide publique au développement. Elle regorge aussi de compétences dans les domaines clés comme la médecine, l’ingénierie, l’agriculture, l’entrepreneuriat, etc. Une richesse humaine encore largement sous-exploitée.
L’appel du Premier ministre ne serait pas une remise en cause personnelle, mais un signal politique fort pour refonder la gouvernance de la diaspora.
Le Mali Kura ne pourrait se faire sans la diaspora, mais il ne se ferait pas non plus avec une diaspora divisée ou mal représentée.
À l’heure où le Mali s’affirme sur le plan régional et cherche des relais de souveraineté économique, la diaspora doit être partie prenante de cette refondation.
Créé en 1991, dans le contexte de la démocratisation et face à la croissance démographique et économique de la diaspora malienne, le HCME avait pour mission initiale de structurer les communautés maliennes à l’étranger, défendre leurs intérêts et renforcer leur contribution au développement du pays d’origine.
Devenu officiellement une institution consultative, le HCME est censé être le pont entre l’État malien et ses millions de ressortissants éparpillés à travers le monde. Son importance est indéniable.
La diaspora malienne, estimée à plus de 6 millions de personnes, est l’une des plus actives d’Afrique de l’Ouest.

Par Abdoulaye OUATTARA

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