Le ministre de la Refondation de l’État était, vendredi dernier, l’invité de l’émission Mali Kura Taasira 2, de la télévision nationale. L’occasion était bonne pour Ibrahim Ikassa MAÏGA de décliner la vision du Mali Kura qui est un Mali bien gouverné, sécurisé, stable, soucieux du développement durable et du vivre ensemble, respectueux des droits de l’homme et des valeurs sociales. Sur ce plateau, le chef du département a affirmé que le changement était bien possible.
«Tant que nous ne nous assumons pas en tant que malien, personne ne viendra nous aider. Tout ce qu’on ne pouvait pas penser possible, aujourd’hui, devient possible avec un leadership éclairé volontariste et respectueux de la volonté du peuple», a-t-il assené.

Sur le plateau de l’émission Mali Kura Taasira 2, le ministre de la Refondation de l’État, Ibrahim Ikassa MAÏGA, est revenu sur les acquis et les perspectives de ce vaste chantier de la refondation de l’Etat et des collectivités.
A l’entame de son propos, le ministre a commencé par saluer le Peuple malien qui a cru en cette nécessité du changement, qu’il faille réformer profondément le système de gestion de l’État, de notre nation.
Les chantiers
Selon lui, il s’agissait de revoir tous les secteurs de notre vie nationale, les mettre au milieu de l’ensemble des forces vives ; à l’occasion des Assises nationales de la refondation, pour actualiser notre approche, notre compréhension commune de ces problèmes. Mais aussi les solutions qui, d’ailleurs, avaient été partiellement préconisées à l’occasion de différents Foras.
Ainsi, affirme le ministre MAÏGA, les Assises Nationales de la refondation qui se sont tenues depuis le niveau communal, des cercles, des régions, mais aussi des pays de résidence des Maliens de l’extérieur, lors de leur phase finale, ont pu répertorier 517 recommandations qui sont, en fait, les désidératas exprimés, de bonne foi sincèrement.
L’engagement a été pris au niveau des autorités de la transition de mettre fidèlement en œuvre ces recommandations.
C’est ce qui a conduit à l’élaboration d’un document de stratégie qu’on a appelé Cadre stratégique de la refondation de l’État assorti d’un plan d’action qui reprend point par point les 517 recommandations.
Selon lui, le Mali Kura dont nous parlons aujourd’hui est une sorte de renaissance qui commence déjà par l’identification d’une vision, la vision qui vise à reprendre les choses dans le bon ordre, mais de façon holistique et complémentaire.
De son avis, la bonne gouvernance commence par la lutte implacable contre la corruption mais aussi l’impunité. Mais pour y parvenir, le ministre MAIGA estime qu’il faut des principes que chacun respecte, à commencer par l’État, mais aussi les autres acteurs de la vie nationale, jusqu’aux citoyens.
« Aux sortir des Assises, le Peuple malien a désiré une nouvelle Constitution, et a même donné les éléments de base de cette Constitution », a-t-il rappelé.
Des principes constitutionnels
Le ministre de la Refondation a indiqué que le Président avait mis en place une équipe d’experts pour travailler de façon inclusive et participative avec l’ensemble des forces vives pour avoir une compréhension commune de ces principes constitutionnels.
Ainsi, un projet de constitution a été vulgarisé, partagé, et qui est passé par un référendum.
Selon lui, l’adoption de cette nouvelle Constitution qui a consacré la 4e République avec le décret de promulgation du 22 juillet 2023 consacre un nouveau système étatique.
«Il faudrait qu’on ait désormais un Président qui assume toutes ses responsabilités, à qui on donne les coudées franches, mais qui peut être tenu responsable, en tant que Président, dans la gestion du pouvoir qui lui a été confié», a-t-il expliqué.
Alors que beaucoup d’observateurs ont déploré la création d’une deuxième chambre parlementaire, le Sénat, au moment où d’autres nations démocratiques semblent s’éloigner, car jugées budgétivores, le ministre Ibrahim Ikassa MAÏGA se montre moins convaincu par ces arguments.
«C’est juste une institution qui remplace le Haut Conseil des Collectivités territoriales qui avait aussi un budget qui était une institution permanente. Il s’agit maintenant de donner un véritable pouvoir parlementaire législatif à côté de l’Assemblée nationale pour le compléter», a-t-il expliqué.
Se défendant, le ministre MAÏGA a affirmé que, de par sa composition, le Sénat a une vision qui intègre justement les attentes des populations à la base, des Forces vives à la base. Puisque, dit-il, ce sont les représentants des collectivités territoriales ; mais aussi des légitimités traditionnelles, des Maliens établis à l’extérieur ainsi que des citoyens ayant rendu des services exceptionnels à la nation qui ont une approche moins politisée de l’action législative.

L’indépendance en question
Abordant la question de l’indépendance et de la souveraineté, le ministre Ibrahim Ikassa MAÏGA se montre catégorique : « Nous avons retrouvé notre souveraineté ».
Car, l’essence de l’État, dit-il, c’est l’indépendance et la souveraineté, opposée à la sujétion à toute autre puissance quelle que soit, que la seule volonté du peuple.
Et cette souveraineté, a-t-il expliqué, nous ne l’avions pas.
«Nous ne décidions pas par nous-mêmes. Même le choix des candidats à la présidentielle était décidé ailleurs ; même la date de la tenue de nos élections était décidée ailleurs», a-t-il fait l’état des lieux.
«Nous n’avions pas le choix de nos partenaires ; notre armée ne pouvait pas se procurer de matériel de guerre et autres équipements en dehors de la volonté d’autrui. Tout cela est derrière nous aujourd’hui. Nous avons retrouvé notre souveraineté », a assuré le chef du département chargé de la refondation.
Le pire, a-t-il fait savoir, est que nos forces de défense de sécurité n’avaient pas les libertés de mouvement sur notre propre territoire ; l’espace aérien n’appartenait pas au Mali.
«L’État du Mali devrait demander l’autorisation à d’autres puissances pour pouvoir survoler son propre territoire. C’était quelque chose qui faisait mal, mais aujourd’hui nous avons eu ça».

Mali Kura respectueux de nos valeurs socio-culturelles
Dans la vision de la refondation, il a parlé d’un Mali Kura respectueux de nos valeurs socio-culturelles, des droits humains.
«Sans le Maliden-Kura, il n’y a pas de Mali Kura», a reconnu le ministre MAÏGA.
Pour ce faire, le Président de la Transition, le colonel Assimi GOÏTA, a décidé que nous allions à la recherche de nos valeurs sociétales positives pour les insuffler en le nouveau malien.
A l’occasion, un comité d’experts, constitué des personnalités de divers profils, mais profondément ancrés dans nos valeurs, a été constitué pour faire le point de ces valeurs socioculturelles.
Selon lui, nous avons aujourd’hui un projet de programme national d’éducation aux valeurs qui va être enseigné depuis le niveau base à l’école.
Depuis le fondamental, au niveau des établissements d’enseignement secondaires, mais aussi au niveau de l’université où ces principes vont être enseignés au nouveau Malien.
D’ailleurs, depuis 2021, toutes les nouvelles recrues de la fonction publique, quel que soit le corps d’appartenance, sont passées systématiquement par cette formation civique et morale.
Problème de société
S’agissant de la lutte contre la corruption à l’heure du Mali Kura, le ministre a commencé par déplorer le fait que la corruption ait été normalisée dans notre société. «Et tout le monde, presque, semble se satisfaire de cela puisque chacun trouve son compte. On accuse souvent les hommes politiques au pouvoir. Je rétorque souvent que les hommes politiques n’étaient pas seuls », a-t-il dit.

Par Abdoulaye OUATTARA

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