C’est dans une ambiance, à la fois, solennelle et festive que la capitale malienne a accueilli, ce samedi, la cérémonie d’ouverture des premiers Jeux de l’Alliance des États du Sahel (JAES). Le Palais des Sports Salamatou Maïga, paré aux couleurs des trois nations fondatrices (le Mali, le Burkina Faso et le Niger) a servi de cadre à cette grand-messe sportive inédite, placée sous le sceau de l’unité, de la jeunesse et de la résilience sahélienne.
La cérémonie était présidée par le Premier ministre Abdoulaye MAIGA et en présence de beaucoup de personnalité dont le ministre malien de la Jeunesse et des Sports, Abdoul Kassim Ibrahim FOMBA, son homologue burkinabè, Roland SOMDA, ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, ainsi que le ministre nigérien de la Jeunesse, de la Culture, des Arts et des Sports, Sidi Mohamed ALMOUHMOUD.
Aussi, des figures de proue dans le monde du sport choisies comme Ambassadeurs de ces jeux étaient présentes. Il s’agit du nigérien Abdoulrazak Issoufou Alfaga, médaillé d’or aux championnats du monde de taekwondo 2017 dans la catégorie des +87 kg, du burkinabé Cheick Ahmed Al-Hassan Sanou, alias Iron Biby, homme fort du Burkina Faso plusieurs fois recordman du monde, et le malien Daba Modibo Keïta, double champion du monde de taekwondo en 2007 et 2009.
L’entrée solennelle de la Flamme des Jeux, portée par Daba Modibo KEÏTA, a suscité une vive émotion dans les tribunes. Le champion malien a parcouru la salle sous les acclamations, avant d’embrasser la vasque, marquant symboliquement l’ouverture officielle des compétitions.
Une ouverture riche en couleurs
L’événement a été ponctué par des instants forts : l’exécution de l’hymne officiel de la Confédération des États du Sahel (AES), le défilé des délégations sportives, la projection de vidéos retraçant le parcours de la Flamme dans les trois pays, ainsi que la présentation des ambassadeurs des Jeux.
Le serment des Jeux, prononcé par un officiel burkinabè, un entraîneur nigérien et deux athlètes maliens, a scellé l’engagement à l’éthique, au respect et à la fraternité entre les compétiteurs.
Sur le plan artistique, la cérémonie à conjugué modernité et culture : prestations chorégraphiques des basketteuses de Bamako, spectacle de marionnettes traditionnelles, et un concert vibrant de Sidiki Diabaté, figure emblématique de la scène musicale Africaine.
Une page de l’histoire du Sahel
En s’adressant aux participants, le Premier ministre Abdoulaye MAIGA a déclaré : « Nous écrivons aujourd’hui ensemble une page de notre histoire commune pour le Sahel, en mettant en place les Jeux de l’Alliance des États du Sahel. L’histoire retiendra que c’est ici, à Bamako, qu’ont été organisés les premiers Jeux de la Confédération des États du Sahel : AES ».
Le Premier ministre a salué le choix porté sur les ambassadeurs Cheick Ahmed Al-Hassan Sanou dit Iron Biby du Burkina Faso ; Abdoulrazak Issoufou Alfaga du Niger ; et Daba Modibo Keïta, du Mali.
Au cours de la cérémonie, des sportifs, entraîneurs et arbitres ont prêté serment pour le bon déroulement des jeux.
Une volonté politique des trois pays
C’est donc partie pour une semaine de fraternité sportive placés sous la haute présidence du président de la transition du Mali, non moins président de la confédération de l’AES.
Ces premiers Jeux incarnent la volonté politique des trois États de renforcer leur intégration par la culture et le sport.
Durant une semaine, les athlètes cadets du Mali, du Burkina Faso et du Niger s’affronteront dans neuf disciplines : football U17, lutte traditionnelle, bras de fer sportif, athlétisme, tir à l’arc, judo, karaté, kung-fu wushu et taekwondo. Les compétitions se déroulent sur plusieurs sites : le stade du 26 Mars, le stade Mamadou Konaté et le Palais des Sports Salamatou Maïga.
Un symbole fort de la coopération sahélienne
Au-delà de la performance sportive, ces premiers Jeux de l’AES constituent un symbole fort de la coopération sahélienne.
Dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires, économiques et institutionnels, la jeunesse devient plus que jamais un vecteur d’unité et de projection vers un avenir partagé.
Le coup d’envoi de ces premiers Jeux de l’Alliance des États du Sahel (AES) a été donné le vendredi dernier avec le lancement du tournoi de football réservé à la catégorie cadette (U17).
C’est le Mali, pays hôte, qui a eu l’honneur d’ouvrir la compétition face au Niger, s’imposant largement sur le score de 3-0 au stade Mamadou Konaté.
Déjà vice-champions d’Afrique, les Aiglonnets confirment leur statut et prennent une sérieuse option pour la qualification en finale.
« C’était un beau match. Les joueurs ont pris du plaisir, et nous aussi. Maintenant, place à la récupération et à la préparation du prochain match contre le Burkina Faso. », a déclaré le sélectionneur Adama Djéfla Diallo, visiblement satisfait de ses troupes,
Le technicien malien n’a pas manqué de saluer l’initiative de ces premiers Jeux de l’AES :
« Ces Jeux sont une excellente idée. Ils rapprochent nos pays, parce que nous faisons partie de la même famille », a-t-il dit.
Malgré la défaite, le sélectionneur du Niger, Mahamadou B. Hassane, a tenu un discours d’unité et de fair-play : « Je ne veux pas parler du Mali, du Burkina ou du Niger. Je veux dire que, quelle que soit l’issue, c’est l’AES qui gagne. Félicitations à l’équipe malienne, elle a très bien joué ».
Reconnaissant la supériorité des Aiglonnets sur le plan technique, il a toutefois pointé du doigt certaines faiblesses de son équipe :
« Nous avons commis des erreurs qui nous ont été fatales. Elles sont dues en grande partie à un manque de fraîcheur physique. Nous allons tirer les leçons nécessaires ».
La compétition se poursuivra aujourd’hui 23 juin, toujours au stade Mamadou Konaté, avec l’entrée en lice du Burkina Faso face au Niger. Le 25 juin, un choc très attendu opposera le Mali au Burkina Faso, une rencontre qui pourrait faire office de finale avant l’heure.
Les deux premières équipes du classement à l’issue de cette phase unique s’affronteront en finale le 27 juin, au stade Mamadou Konaté, pour décrocher la toute première médaille d’or des Jeux de l’AES.
PAR MODIBO KONÉ