La Fondation Merck a organisé, les 18 et 19 juin, la 7e édition de son Sommet dédié aux Premières Dames d’Afrique et d’Asie. Cette rencontre de haut niveau a rassemblé 14 Premières Dames d’Afrique et d’Asie, des décideurs politiques, des experts en santé et des partenaires stratégiques. Ce sommet a été suivi d’une formation des médias sur les enjeux de la santé.
Dans son intervention, le Dr. Rasha Kelej a souligné l’importance de cette rencontre, qui représente une occasion cruciale de renforcer la solidarité et l’engagement au sein de la communauté internationale. Elle a informé de la présence de nouvelles Premières Dames, notamment celles du Ghana, du Mozambique, du Nigeria et du Sénégal, qui apportent avec elles des perspectives et des expériences uniques.
« Bienvenue sur notre plateforme de l’Initiative des Premières Dames d’Afrique de la Fondation Merck. Nous avons hâte de collaborer plus étroitement avec vous à l’avenir » a-t-elle affirmé avec satisfaction
« Ce rassemblement est bien plus qu’un simple sommet ; il symbolise ce que nous pouvons accomplir lorsque nous nous unissons autour d’une vision et d’un objectif commun, transcendant les frontières et les différences culturelles pour faire avancer la santé en Afrique », a déclaré Dr Rasha Kelej, avant de préciser que tous les programmes au cours des 13 dernières années ont été lancés avec succès sur cette même base d’engagement et de collaboration.
‘’Nous célébrons aujourd’hui le huitième anniversaire de la Fondation Merck et le treizième anniversaire de nos programmes de développement, une étape importante qui témoigne des années d’engagement, de partenariats fructueux et de changements significatifs dans la vie de millions de personnes. Ce succès est particulièrement perceptible dans les communautés les plus vulnérables et mal desservies, où nos initiatives ont véritablement fait la différence, en offrant non seulement des soins, mais aussi de l’espoir et des opportunités’’, s’est-elle réjouie.
Le Dr. Kelej a également évoqué le programme des bourses de la fondation qui a aidé de nombreux professionnels de santé à développer leurs compétences et à améliorer la qualité des soins offerts. Selon elle, avec des résultats tangibles, le programme a permis à des centaines d’étudiants et des jeunes médecins d’acquérir une formation précieuse, essentielle dans un contexte où la demande de soins de santé de qualité est en constante augmentation.
Pour elle, le manque de ressources financières n’est pas le seul défi auquel l’Afrique est confrontée. La responsable de la fondation a révélé qu’un problème plus urgent et tout aussi décisif est le manque de professionnels de santé qualifiés capables de prévenir, diagnostiquer et traiter efficacement les maladies qui touchent la population.
« Cette pénurie de personnel médical représente l’un des obstacles majeurs à l’accès à des soins de santé de qualité sur le continent, mettant en péril la vie de millions de personnes. En effet, selon le Rapport Mondial sur la Santé 2024, l’Afrique ne compte que 268 écoles de médecine publiques, avec certains pays n’en ayant qu’une seule ou d’autres aucune, ce qui souligne les énormes lacunes dans la formation des praticiens médicaux.
De plus, comme le souligne le rapport de l’OMS de 2021, l’Afrique supporte 24 % de la charge mondiale de morbidité, mais ne compte que 2,91 professionnels de santé pour 1 000 habitants. Cette statistique alarmante crée un déséquilibre qui est aggravé par une répartition inégale du personnel entre les zones urbaines et rurales. Dans les régions reculées, les populations sont souvent laissées sans accès à des soins de santé appropriés, entraînant une détérioration de la santé publique et une augmentation des taux de mortalité évitables. Ce déficit en personnel médical a un impact profond sur les résultats sanitaires, freinant les progrès vers des objectifs de santé durables et de qualité », a détaillé le Dr Kelej.
Rappelons que depuis 2012, la Fondation Merck, en collaboration avec ses partenaires, a renforcé considérablement les capacités sanitaires en offrant plus de 2 270 bourses (masters d’un ou deux ans) à des médecins qualifiés de 52 pays dans 44 spécialités médicales critiques. Grâce à cette initiative, un nouveau souffle est donné à la formation des professionnels de santé, ce qui contribue non seulement à améliorer les conditions de santé actuelles, mais aussi à bâtir une infrastructure médicale pérenne pour les générations futures.
Ces spécialités incluent notamment l’oncologie, la diabétologie, et la cardiologie, des domaines vitaux qui touchent des millions de personnes à travers le monde.
PAR MODIBO KONÉ