Le président de l’Office Central de Lutte Contre l’Enrichissement Illicite (OCLEI), Moumouni GUINDO, a présenté, le vendredi dernier, son rapport au Premier ministre Abdoulaye MAIGA, marquant ainsi la fin de son mandat. M. GUINDO a exprimé sa gratitude envers les autorités de la Transition, tout en saluant leur appui et leur solidarité envers les initiatives de sa structure.
L’on apprend que durant les huit années de service de Moumouni GUINDO, son équipe a travaillé activement à la structuration et au renforcement de l’OCLEI. La structure s’est dotée d’outils innovants pour prévenir l’enrichissement illicite. « Nous avons conduit des investigations tout en développant une coopération fructueuse à l’échelle nationale et internationale, a affirmé le président sortant.
La lutte contre la corruption s’impose comme une priorité pour les autorités maliennes durant la période de transition. Selon le dernier rapport de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI), 63 dossiers de corruption sur 100 recensés impliquent près de 32 milliards de francs CFA. Ce chiffre élevé illustre les efforts intenses menés par l’OCLEI pour identifier les biens mal acquis, notamment 500 biens immobiliers attribués à une quarantaine de personnes.
Le travail de l’OCLEI a été salué par les autorités de la transition. Lors d’une audience récente, le président a exprimé sa gratitude envers le Premier ministre pour son soutien constant et son engagement aux côtés de l’Office. Cette reconnaissance officielle souligne l’importance accordée par la transition à la transparence et à la lutte contre l’enrichissement illicite.
L’OCLEI a été renforcé sur le plan organisationnel et doté d’outils essentiels pour prévenir l’enrichissement illicite. Des campagnes de sensibilisation, des conférences et des actions médiatiques ont été menées à travers le pays. Toutes les couches de la société ont été impliquées, notamment les jeunes et les différentes confessions religieuses, afin de diffuser la culture de l’intégrité.
Sur le plan international, l’OCLEI a permis au Mali de conclure douze protocoles d’accord avec d’autres pays. Ces accords visent à surveiller les investissements étrangers découlant d’actes illicites au Mali. Par ailleurs, des ressources extérieures d’une valeur de 15 milliards de francs CFA ont été mobilisées pour renforcer les services d’État.
Un progrès remarquable a été noté dans la gestion et le contrôle des biens publics. Près de 2000 déclarations de biens ont été traitées depuis la création de l’OCLEI, contre 43 auparavant. Cette avancée a été rendue possible grâce à un protocole d’accord signé avec la Cour Suprême, renforçant ainsi la transparence au sein des institutions étatiques.
Malgré les avancées, certaines difficultés ont été relevées. L’absence du terme “corruption” dans l’intitulé officiel de l’OCLEI qui demeure un obstacle. Une harmonisation avec les standards internationaux est recommandée pour élargir la portée des actions, notamment vers le secteur privé. Ce défi doit être relevé pour garantir un impact durable dans la lutte contre la corruption.
Le Premier ministre a saisi l’occasion pour réaffirmer l’engagement des autorités dans la lutte contre l’enrichissement illicite, inscrivant ce combat au cœur des priorités nationales. L’action de l’OCLEI a été saluée, avec des remerciements adressés à l’ensemble de l’équipe pour leur contribution exemplaire à la moralisation de la vie publique.
PAR MODIBO KONÉ