D’une pierre, le Conseil de sécurité des nations-unies a fait deux coups lors de l’examen, ce vendredi 27 janvier 2023, du rapport sur la situation de notre pays en évoquant largement le rapport du secrétaire général sur l’examen interne de la MINUSMA qui prologue sur l’avenir de la Minusma à la lumière de la situation sur le terrain, des propositions du Secrétaire général et des propositions des membres du conseil. Comme procureur à charge contre notre pays, le secrétaire général des nations unies, le très partial, Antonio Guterres, qui, dans son rapport, va d’oukases en diktats ; et comme avocat de la défense de la nation agressée qui aspire à la pleine souveraineté, Abdoulaye Diop, ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale de son pays. La pomme de discorde ? Les préalables onusiens présentés sous formes de paramètres à intégrer pour le renouvellement du mandat de la Minusma. Entre les lignes, il faut lire : voici nos conditions, incompressibles, pour que la Minusma puisse s’acquitter de son mandat. Sinon, ça ne sert à rien 10 ans après de reconduire une mission dont on sait incapable de s’acquitter de son mandat.

C’est le représentant spécial du secrétaire général des nations-unies, chef de la Minusma, El-Ghassim Wane, qui lève le lièvre, ce vendredi 27 janvier, à la tribune du conseil de sécurité, en évoquant le fameux rapport sur l’examen interne de la MINUSMA daté du 16 janvier 2023 dans lequel le Secrétaire général de l’ONU avertit que « le contexte actuel au Mali montre que le statu quo n’est pas une solution ».
Préalables onusiens
Dans le rapport en question, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, va du postulat qu’après une dizaine d’années d’existence, conformément aux recommandations du Conseil de sécurité, l’examen de la Minusma a montré que les priorités stratégiques et les tâches correspondantes demeuraient pertinentes, en particulier jusqu’à la fin de la transition en mars 2024.
Pour le secrétaire général de l’ONU, la capacité de la MINUSMA de s’acquitter efficacement de son mandat et de contribuer à l’amélioration de la situation politique et des conditions de sécurité dépendra de quatre paramètres clés :
1) l’avancement de la transition politique, conformément au chronogramme électoral publié par les autorités de transition (et si un cas de force majeur survenait ?) ;
2) les progrès accomplis dans l’application de l’Accord (de quel progrès parlent-ils ?);
3) la liberté de circulation, y compris pour les moyens de renseignement, de surveillance et de reconnaissance essentiels à la sûreté et à la sécurité des soldats de la paix (autrement dit : faire ce qu’ils veulent sans compte à nous rendre) ;
4) la capacité d’exécuter l’intégralité du mandat que lui a confié le Conseil de sécurité, y compris les dispositions relatives aux droits humains (passer leur temps dans nos casernes à enquêter en temps de guerre ?).
Diktats onusiens
En plus de la définition de ces trois paramètres qui sonnent comme des préalables inacceptables, le secrétaire général dans son rapport du 16 janvier 2023 Il fait également trois propositions majeures pour la poursuite de la Minusma.
Premièrement, le secrétaire général de l’ONU suggère d’augmenter les capacités de manière à permettre à la Mission d’exécuter son mandat dans son intégralité dans tous les secteurs où elle est déployée. (Autrement dit remplir notre pays de touristes qui se baladent partout sans rendre compte à notre pays. Comme si cela ne suffisait pas d’avoir 13.000 hommes dans notre pays à ne rien faire)
Deuxièmement, il suggère de continuer de se concentrer sur les priorités stratégiques avec une présence consolidée. En d’autres termes, la Mission portera ses activités uniquement sur le soutien à l’application de l’Accord ; on réduirait nettement le nombre d’agents en tenue et l’effectif civil de la Minusma dans le centre du Mali. Le soutien que la Mission apporterait au Gouvernement pour le rétablissement de l’autorité de l’État dans le centre serait largement coordonné depuis Bamako (la priorité pour la Minusma reste la mise en œuvre de l’accord même si l’ensemble du Mali échappe au contrôle de Bamako, il faut appliquer l’accord : donner un État aux séparatistes).
Troisièmement, Antonio Guterres propose de retirer les unités en tenue et transformer la Mission en mission politique spéciale. La Minusma consoliderait en conséquence sa présence à Bamako et pourrait continuer d’apporter son soutien au dialogue politique et à la réconciliation, au renforcement des capacités de gouvernance et à la surveillance, à la promotion et à la protection des droits humains, et encourager le rétablissement de l’autorité de l’État (On nous a envoyé des super-héros parce que nous n’avions pas d’armée pour nous libérer du joug des terroristes, après 10 ans d’échec on veut nous amener des experts politiques pour tripatouiller nos élections. Comme si on ne connaissait pas le Manassage…)
Dans ce rapport de 31 pages, le Secrétaire général souligne que la capacité de la Minusma de s’acquitter efficacement de son mandat et de contribuer à l’amélioration de la situation politique et des conditions de sécurité dépendra des quatre paramètres clefs ci-dessus à savoir (le rappel profite au croyant) : l’avancement de la transition politique, conformément au chronogramme électoral publié par les autorités de transition; les progrès accomplis dans l’application de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali; la liberté de circulation, y compris pour les moyens de renseignement, de surveillance et de reconnaissance essentiels à la sûreté et à la sécurité des soldats de la paix; et la capacité d’exécuter l’intégralité du mandat que lui a confié le Conseil de sécurité, y compris les dispositions relatives aux droits humains.
Ces paramètres seraient, de l’avis de Antonio Guterres, le fondement d’une relation stable et prévisible entre la Mission et les autorités maliennes, dans le cadre de l’accord sur le statut des forces.
Le niet du Mali
Répondant à la préconisation de l’ONU, le Ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale, Abdoulaye Diop, a fait des observations préliminaires sur l’examen interne de la MINUSMA, en regrettant, qu’à première vue, « les propositions contenues dans ce rapport ne prennent pas en compte les attentes légitimes du peuple malien qui sont avant tout d’ordre sécuritaire ». Il a considéré que les préconisations du Secrétaire général se limitent, pour l’essentiel, à des variations du nombre de personnel de la MINUSMA ou sa transformation en une mission politique spéciale. Or, « le principal défi auquel la MINUSMA est confrontée est celui de l’adaptation de son mandat à l’environnement sécuritaire dans lequel elle est déployée et qui requiert un changement de doctrine, de règles d’engagement et surtout une volonté politique véritable d’aider le pays hôte à sortir de la crise ». Il faut une volonté réelle de coopération et une complémentarité entre la MINUSMA et les Forces de défense et de sécurité de notre pays sur le terrain, a martelé le Ministre, et c’est dans cette perspective que le Gouvernement du Mali a contribué positivement aux consultations dans le cadre de l’élaboration de ce rapport avec l’espoir qu’il répondrait aux aspirations profondes du peuple malien. « Tel n’est pas le cas », a-t-il tranché, ajoutant cependant que le Gouvernement du Mali reste ouvert au dialogue avec l’ONU sur cette question.
Le soutien des amis du Mali
La position du Mali a d’ailleurs été soutenue par la Chine qui a estimé qu’« à l’heure de reconfigurer la Mission, le Conseil de sécurité devrait tenir compte du point de vue exprimé par le Gouvernement malien, de sorte à créer un environnement propice à l’exécution de son mandat ».
Selon le diplomate chinois, une transition politique ne saurait être réalisée du jour au lendemain. Il faut assurer une vaste participation en tenant compte des intérêts de toutes les parties. La communauté internationale devrait respecter la souveraineté et l’appropriation nationale du Mali et la CEDEAO continuer à jouer un rôle constructif.
Le représentant a appelé la communauté internationale à renforcer les capacités maliennes en matière de lutte contre le terrorisme, notant que les menaces sécuritaires au Mali font tache d’huile dans les pays voisins. Les pays de la région devraient, selon lui, préserver l’élan imprimé en termes de coopération régionale dans la lutte antiterroriste et forger des synergies. Il a soutenu les recommandations du Secrétaire général, à la suite de l’examen interne de la MINUSMA, en vue de renforcer la structure de la Mission, focaliser ses ressources et rationnaliser son mandat, et de se concentrer sur les tâches les plus vitales en présentant un plan pratique et viable.
« À l’heure de reconfigurer la Mission, le Conseil de sécurité devrait tenir compte du point de vue exprimé par le Gouvernement malien de sorte à créer un environnement propice à l’exécution de son mandat », a fait valoir le représentant. Il a également insisté sur l’importance de renforcer des capacités nationales en matière de développement durable.
Même son de cloche pour les A3 (Gabon, Ghana, Mozambique), qui ont encouragé les efforts conjoints régionaux pour entreprendre les opérations antiterroristes requises jusqu’à ce que les forces de défense et sécurité du Mali soient en mesure de prendre pleinement en charge la situation sécuritaire dans le pays.
Au nom des A3 (Gabon, Ghana, Mozambique), l’ambassadeur Harold Adlai Agyeman du Ghana a salué la contribution positive de la MINUSMA à la stabilité au Mali, en appelant à consolider les acquis de ses 10 ans de présence sur le terrain. Il a dit comprendre les préoccupations sécuritaires persistantes du Mali et estimé qu’avec l’appui du Conseil et la coopération des autorités maliennes, la mise en œuvre du mandat de la MINUSMA, qui reste d’actualité, aiderait le peuple malien à réaliser leur aspiration à une nation pacifique, stable et unie. Les A3 appellent le Secrétaire général et les autres membres du Conseil à réfléchir à la meilleure configuration pour la MINUSMA à la suite du présent examen et attendent avec intérêt l’étude conjointe sur les capacités militaires et policières qui sera menée au cours de ce trimestre par le Département des opérations de paix.
Pour la France, tapie dans l’ombre avec les desseins les plus noirs contre notre pays, «sans engagements clairs et sans gestes concrets, il ne sera pas possible de renouer la confiance et de rétablir une dynamique de partenariat ». Pour la junte française, les prochains mois seront décisifs pour le futur de la MINUSMA. Toutes les options sont sur la table et devront être discutées avec l’ensemble des parties prenantes.
Autrement dit, on nous met le couteau sous la gorge. Mais le Mali a appris désormais à s’assumer.
Affaire à suivre
PAR Abdoulaye OUATTARA

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