La médiation internationale multipliant les rencontres avec les parties signataires pour débloquer les contraintes freinant la mise en œuvre de l’Accord a affirmé, ce mardi 6 juin dans un communiqué, l’impératif de l’exécution de tous les piliers dudit document qui constituent un ensemble indissociable.
Après sa rencontre avec des responsables des groupes signataires de l’Accord regroupés au sein du Cadre stratégique permanent pour la paix, la sécurité et le développement (CSP-PSD), la médiation internationale, dans un communiqué, souligne être fortement engagée auprès des parties maliennes pour aider au parachèvement, dans les délais les plus rapides qui soient, de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du Processus d’Alger.
Conclu il y a déjà huit ans, cet Accord est la pierre angulaire du règlement durable des crises récurrentes, indique le communiqué, ajoutant que l’exécution des engagements qui y sont contenus contribuerait grandement à la sécurité et à la stabilité régionale.
Tout en saluant les avancées enregistrées, la Médiation note que des aspects importants de l’Accord restent encore à traduire dans les faits, y compris la matérialisation des dividendes de la paix au profit des populations vivant dans les zones affectées par le conflit.
Il s’agit notamment, cite la Médiation, des régions de Gao et de Ménaka, confrontées à l’intensification des attaques terroristes et à la montée de la criminalité, ainsi que les déplacements forcés importants de populations en direction d’autres régions, y compris celles de Kidal.
Pour elle, cette situation met en exergue, s’il en était besoin, l’impératif de la relance urgente du processus de paix. La Médiation, rappelant les efforts qu’elle a consentis en direction des parties, y compris les propositions qu’elle a soumises en avril dernier, forme l’espoir que ces actions soutenues permettront de créer les conditions de la relance des mécanismes de suivi de l’Accord de paix et le parachèvement de son application.
Dans ce contexte, la Médiation affirme noter les préoccupations exprimées par la CMA et la Plateforme sur le projet de constitution soumis à référendum le 18 juin s’agissant de la prise en compte des dispositions de l’Accord de paix dans le nouveau texte.
Également, dit-elle noter la position du Gouvernement, notamment sur le fait qu’aucune disposition du projet de constitution ne fait obstacle à la mise en œuvre de l’Accord de paix et sa volonté exprimée d’honorer tous les engagements pris.
Entre ces deux positions qui témoignent l’engagement des parties de leur attachement à l’Accord de paix, la Médiation souligne par ailleurs l’impératif de la mise en œuvre de tous les piliers de l’Accord qui constituent un ensemble indissociable, y compris ceux relatifs au cadre institutionnel en plus des aspects liés à la défense et à la sécurité, ainsi qu’au développement socio-économique.
À cet effet, elle exhorte les parties à s’accorder d’urgence sur les mesures de garanties nécessaires à cet égard.
« La Médiation relève avec satisfaction la volonté manifestée par les parties, de sortir, par le dialogue, le processus de paix de l’impasse actuelle et d’œuvrer ensemble pour parvenir à des solutions consensuelles permettant la relance de la mise en œuvre de l’Accord de paix », indique le communiqué.
PAR SIKOU BAH