Le Forum régional de la jeunesse de Bougouni sur l’environnement s’est tenu, du 25 au 26 juillet 2025, dans la commune de Yanfolila sous le thème « Jeunesse et protection de l’environnement : responsabilités et perspectives régionales ». Cette rencontre a réuni des délégations venues de toutes les communes de la région de Bougouni et a été sanctionnée par plusieurs recommandations, dont l’interdiction stricte de l’usage des dragues et cracheurs dans les cours d’eau.
Organisé avec l’appui des autorités locales, des services techniques déconcentrés de l’État, de la société civile et de partenaires techniques et financiers, le forum a été placé sous le parrainage moral des ministères de l’Environnement et de la Jeunesse.
Ce forum intervient après une opération d’envergure lancée par les autorités de transition pour sauver les cours d’eau et le fleuve Niger des pratiques de pollution des ressources minérales.
Il s’agit de l’opération ‘’Djoliba Saniya’’, menée du 21 au 23 juillet 2025 par le Groupement Tactique d’Intervention « TAMA » de la Garde Nationale du Mali, visait à assainir le lit du fleuve Niger (appelé Djoliba en mandingue) et à protéger son écosystème, en particulier les espèces aquatiques, face à l’extraction illégale d’or.
Les opérations se sont déroulées dans plusieurs localités maliennes : Bancoumana, Hamdallaye, Kangaba, Balanza et Danga.
Elle cherchait à lutter contre la dégradation environnementale causée par l’orpaillage illégal, qui pollue le fleuve et menace ses ressources vitales pour l’agriculture, l’élevage et la pêche en Afrique de l’Ouest. L’opération Djoliba Saniya est une action ciblée pour préserver le fleuve Niger, en combattant l’orpaillage illégal tout en sensibilisant à la nécessité de protéger cette ressource essentielle.
Face à l’urgence climatique, à la dégradation croissante des écosystèmes, à l’exploitation anarchique des ressources naturelles et aux méfaits environnementaux de l’orpaillage, les jeunes participants ont fait entendre une voix forte.
Ils ont adopté ce qui est désormais désigné comme la Déclaration de Yanfolila, un document de référence contenant 14 recommandations.
Demandant l’interdiction stricte de l’usage des dragues et cracheurs dans les cours d’eau, les participants ont sollicité la réhabilitation écologique des anciens sites d’orpaillage ainsi que la création de comités locaux de veille environnementale.
Le forum a formulé aussi la mise en place d’un Fonds régional pour la jeunesse et l’environnement, l’audit indépendant de l’ensemble des permis de petites mines délivrés dans la région de Bougouni, avec publication des résultats pour garantir la transparence.
Également, les participants ont recommandé l’interdiction d’activités minières dans les forêts classées et les zones humides et l’évacuation immédiate de tous les exploitants illégaux sous la supervision des ministères compétents.
Le forum a aussi souligné la nécessité d’institutionnaliser le Forum régional pour garantir le suivi des engagements et demande une relecture des contrats miniers et un renforcement du cadre législatif, afin de faire respecter les normes environnementales et la justice sociale.
À travers cette déclaration, le Conseil régional de la jeunesse de Bougouni interpelle l’État, les collectivités territoriales, les services techniques, les partenaires et les citoyens sur l’impératif d’une action coordonnée en faveur de l’environnement.
« Défendre l’environnement, c’est défendre la vie et les générations futures », peut-on lire dans la déclaration dans laquelle les jeunes s’engagent à sensibiliser les communautés, à collaborer avec les autorités et à faire de la citoyenneté environnementale une priorité dans toutes les sphères locales.
PAR SIKOU BAH