Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a alerté, ce mercredi 13 mai, à Addis-Abeba sur la situation sécuritaire au Sahel, une région plongée, selon lui, dans une « urgence humanitaire » à la suite aux récentes attaques terroristes.

Intervenant à l’ouverture du 10e Dialogue annuel de haut niveau entre les Nations unies et l’Union africaine, le chef de l’ONU a évoqué la situation dans notre pays.
En effet, depuis quelques semaines le pays est la cible des attaques terroristes coordonnées ayant affecté plusieurs localités.
Dans ce contexte marqué par la multiplication des offensives du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, António Guterres a reconnu une nette détérioration de la situation régionale plongeant, selon lui, le Sahel a une urgence humanitaire.
« La situation s’est sérieusement aggravée avec l’alliance opérationnelle du JNIM/Al-Qaïda et du Front de libération de l’Azawad », a-t-il souligné.
En évoquant explicitement une « alliance opérationnelle » entre des groupes jihadistes et des acteurs rebelles du Nord-Mali, le Secrétaire général confirme les craintes croissantes d’une recomposition militaire et stratégique susceptible de transformer profondément l’équilibre sécuritaire dans la région.
« Au Sahel, la détérioration de la situation sécuritaire a engendré une urgence humanitaire marquée par une violence croissante contre les civils, des déplacements massifs et une insécurité alimentaire grandissante », a déploré le chef de l’ONU.
Dans son intervention, António Guterres a également établi un lien direct entre la crise actuelle du Sahel et certaines interventions militaires extérieures passées.
Le Secrétaire général estime que plusieurs conflits africains ont été aggravés par des dynamiques géopolitiques internationales. Il a notamment cité la Libye, affirmant que l’intervention militaire de 2011 avait contribué à une déstabilisation durable de la bande sahélienne.
Cette analyse rejoint celle de nombreux responsables politiques et experts africains qui considèrent la chute du régime libyen comme un tournant majeur dans l’expansion des groupes armés au Sahel.
La circulation massive d’armes, les mouvements de combattants et l’effondrement des mécanismes régionaux de contrôle ont profondément modifié les équilibres sécuritaires dans toute la région sahélienne.
À travers cette lecture historique, António Guterres semble également rappeler que la crise actuelle ne peut être réduite à une simple problématique locale.
Pour lui, le Sahel est aussi le produit d’erreurs géopolitiques internationales dont les conséquences continuent de se faire sentir.
Face à la gravité de la situation, le Secrétaire général de l’ONU a d’ailleurs insisté sur la nécessité d’une réponse collective, en exhortant « tous les pays de la région à dialoguer et à collaborer afin de renforcer la sécurité et la coopération politique pour faire face à la grave menace que représentent l’extrémisme violent et le terrorisme. »
Dans plusieurs zones du Mali, les populations civiles se retrouvent prises entre les offensives des groupes armés, les opérations militaires et les perturbations des circuits commerciaux.
Les récents événements ont également ravivé les inquiétudes sur l’approvisionnement de certaines localités et sur la circulation des personnes et des marchandises.

PAR SIKOU BAH

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