Initialement perçus comme des refuges temporaires, les sites de déplacés internes de Faladié et Niamana ont définitivement fermé leurs portes. Si cette mesure répond à des impératifs d’urbanisme et de sécurité, elle laisse derrière elle plus d’un millier de personnes dans une errance sociale inquiétante.

Ils sont 1 036 individus, regroupés au sein de 194 ménages, à avoir vu leur quotidien basculer une seconde fois. Après avoir fui les violences et l’insécurité chronique du centre et du nord du pays, ces hommes, femmes et enfants se retrouvent, à nouveau, sans attaches fixes.
Depuis la fermeture officielle des sites de Faladié et Niamana, la dispersion est le maître-mot.
Selon la Direction nationale du Développement social, ces familles tentent désormais de s’insérer dans les interstices de la capitale malienne. Pour beaucoup, le salut passe par la solidarité familiale, déjà lourdement éprouvée par la conjoncture économique. Pour d’autres, c’est le début d’une reconstruction précaire dans des quartiers périphériques sous pression.
Le passage d’un site regroupé à une installation diffuse pose un défi majeur aux acteurs humanitaires : le suivi. Sur les sites officiels, bien que les conditions étaient rudimentaires, l’accès aux soins de base, à l’eau et à l’aide alimentaire était centralisé.
« La dispersion complique tout. Identifier les besoins des ménages les plus fragiles devient un exercice de traçabilité complexe », s’inquiète un observateur de la scène sociale bamakoise.
La crainte majeure des observateurs reste l’aggravation de la vulnérabilité. Sans adresse fixe et sans structures d’accueil dédiées, l’éducation des enfants, déjà malmenée par le premier déplacement, risque de devenir la principale victime de cette transition forcée.
Face à ce constat, les appels à une coordination musclée se multiplient. Les structures étatiques, les collectivités territoriales et les partenaires internationaux sont désormais au pied du mur. La question n’est plus seulement de fournir une aide d’urgence, mais de proposer un véritable plan de réinsertion.

Par Abdoulaye OUATTARA

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